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Livre II. La France.
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NOIRMOUTIER , GOLFE D’AIGUILLON.

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versée, la cause en était sans cloute, non à la timidité des riverains, maisaux dangers réels du passage Si les vagues détruisent d’un côté, elles peu-vent reconstruire de l’autre en laissant retomber les alluvions entraînées.Tandis que l’ilot du Pilier, situé au nord de Noirmoutier , se détachait dela grande île, le golfe du Fain, qui s’étend à l’est et dont les parages sontplus tranquilles, s’emplissait peu à peu : on évalue à 700 hectares l’étenduedes fonds marins qui ont ainsi agrandi la terre ferme depuis un siècle, sansintervention de l’homme. Les dunes, qui couvrent dans l’île une surfaced’environ 9 kilomètres carrés et que le vent d’ouest écrète pour en porterles sables dans la direction de l’est, ont aussi contribué pour leur part àl’exhaussement des fonds du détroit.

Non-seulement Noirmoutier , mais aussi diverses parties du littoral dela Saintonge et du Poitou offrent de remarquables exemples du comble-ment d’anciennes baies. Tels ont été en maints endroits les accroisse-ments récents de la terre ferme, évalués pour le seul golfe d’Aiguillon à50 hectares par année, qu’on ne peut les expliquer uniquement par ledépôt des alluvions d’origine marine et fluviale; la plupart des géologuesadmettent que d’autres forces ont pris part à l’exhaussement graduel desrivages : il y aurait eu un véritable soulèvement du sol. Ainsi divers indicesparaissent établir que l’anse d’Aiguillon, de nos jours assez peu étendue,était, il y a deux mille ans, un golfe s’avançant au loin dans l’intérieurdes terres, et que la Sèvre Niortaise se jetait dans la mer immédiatement àl’issue de sa vallée de collines. D’ailleurs plusieurs anciens îlots, épars aumilieu des campagnes d’alluvions, portent des traces d’érosion marine àun niveau plus élevé que celui de la mer actuelle : on signale surtout prèsde Saint-Michel en l’Herm, à 0 kilomètres de la mer, des bancs d’huîtrescomplètement émergés, qui se trouvent maintenant à dix mètres au-dessusde l’Océan 1 et que l’on a utilisés au moyen âge pour en construire unejetée abritant un port maintenant éloigné de la mer. En admettant même,avec quelques auteurs, que les buttes de Saint-Michel soient des apports del’homme, de simples débris de cuisine, comme les kjoekkenmôddinger duDanemark, il resterait à expliquer comment des anses marines à fondrocheux se trouvent maintenant à plusieurs mètres au-dessus de la mer.Tel est l’ancien port de Talmont en Vendée, où du temps de Henri IV de l’artillerie fut expédiée par eau, et Maillezais , figurant comme île dansles chartes de concessions du douzième siècle.

De même que les fonds émergés du golfe du Poitou, ceux du territoire de

1 De Quatrefages , Souvenirs d'un naturaliste; — Bull de la Soc. de géol., 19 mai et lôjuin 1862.

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