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se voient de curieux édifices du moyen âge, églises et châteaux. Un autre havre de com-merce, Perros-Guirec , est hâti, non sur une rivière, mais sur la mer elle-même, au suddu groupe pittoresque des Sept-Iles. Plus à l’est, s’ouvre l’estuaire du Jaudv, où le Ilot re-monte jusqu’au port de la célèbre ville, jadis épiscopale, de Tréguier, ayant encore sabelle cathédrale du quatorzième siècle. Au delà du promontoire que forment les redouta-bles « Épées » de Tréguier, signalées par le phare des lléhaux, une autre rivière plus abon-dante que le Jaudy s’épanche dans la mer : c'est le Trieux, au bord duquel se trouventdeux ports de cabotage, Lézardrieux, le plus rapproché de la mer, et Pontrieux, à l’endroitoù vient mourir le flux et où le cours d’eau, franchi par un pont, n’a plus rien d’un es-tuaire. Guingamp, chef-lieu de l'arrondissement qui borne au sud celui de Lannion , est éga-lement situé dans la riche vallée du Trieux. La ville a toujours son ancien château fort,mais elle a démoli la plus grande partie de son enceinte.
Au sud de l’île Bréhat, dont la belle population, peut-être d’origine étrangère, et prove-nant en grande partie de mariages consanguins, n’a pas un infirme, pas un phthisique l ,le littoral du continent se recourbe vers le sud et le sud-est. Le premier port est celui dePaimpol, un des plus sûrs de la Manche , mais il n’a qu’un faible mouvement de ca-botage, à cause du grand nombre de lieux d’échanges qui se succèdent sur le littoral. Nonloin du bourg, les ruines pittoresques de l’abbaye de Beauport se montrent au milieu dola verdure des grands arbres qui croissent jusqu’au bord de la mer. Un autre port, ce-lui de Bréliec (Brieuc), situé plus au sud, reçoit surtout des barques chargées de sablecalcaire que l’on emploie à fertiliser les campagnes environnantes. Portrieux , qui vientensuite, est plus important, et sa rade, bien protégée à l'est par les roches de Saint-Quay ,est chaque année, au commencement de mai, le lieu de rendez-vous des navires de Saint-Brieuc en partance pour les bancs de Terre-Neuve. Binic, déjà voisin de Saint-Brieuc, estaussi un port fréquenté; ses habitants sont pêcheurs et marins de père en fils.
Saint-Brieuc , le chef-lieu du département, n’est pas situé au bord de la mer : à maréebasse, les eaux de la Manche refluent jusqu’à 6 kilomètres de distance au nord de la ville;mais à marée haute, le flot remonte de 5 kilomètres, jusqu’au port Légué, où se font leséchanges maritimes de Saint-Brieuc . Bien que ce port assèche deux fois par jour, il estnéanmoins, grâce au voisinage d’une ville considérable, le plus commerçant des Côtes-du-Nord ; d’ailleurs un bassin à flot vient d’être construit à côté du port d'échouage. La villeest peu remarquable par ses édifices, mais elle a une industrie assez active. Les Briochins — car tel est le nom bizarre des habitants de Saint-Brieuc — s’occupent surtout de la fa-brication des étoffes et de l'expédition de denrées agricoles, de légumes, de poissons. Dansle voisinage, des centaines d’ouvriers exploitent de grandes carrières d’un beau granit bleu,utilisé pour la construction et le pavage. La petite ville de Quintin, dans l’intérieur desterres, sur la même rivière que Saint-Brieuc , fut pendant plusieurs siècles en possessiond’une riche industrie ; scs toiles jouissaient d’une grande réputation en Bretagne et àl’étranger. De nos jours encore, les produits de ses métiers sont appréciés. A 10 kilomètresau sud-est de Saint-Brieuc , près du village de l’iédran, est le remarquable « camp vitri-fié » de Péran, dont le mur de pierre est revêtu de lave artificielle, produit par la fusiondes matières siliceuses ’.
A l’est de Saint-Brieuc, Lamballe , ancienne capitale du duché de Penthièvre, est diviséeen deux quartiers, l’un à la base, l’autre sur la pente d’un coteau que domine la cha-pelle d’une forteresse démolie : c’est fa seule ville qui se trouve sur la route île Dinan ,chef-lieu de l’arrondissement oriental des Côtes-du-Nord. Dinan , sur la rive gauche de la
1 Daily, Bulletin de la Société anthropologique de Paris , lomo VI, 1865, p. 293.
3 Prévost, Congrès scientifique de France, Saint-Brieuc , 1872.