leurs privilèges et leurs mœurs ; l'ancienne ré^ '\ 3 de Thélin n'a laissé qu'un nom.
En aval île Hernies, la Vilaine coule d'abord dans un large bassin île prairies, puiss’engage en île sauvages gorges île rochers pour traverser la barrière de schiste qui laretenait jadis, lïeilon, chef-lieu d'arrondissement, est précisément à l'angle méridio-nal de rille-et-Vilaine, à l'endroit où l'Oust vient se mêler à la rivière principale, navi-gable jusqu'à la mer, et où le canal de Nantes à Brest traverse la vallée. Keilon est aussiun point de bifurcation de chemins de fer. Cette ville fait un commerce assez important;mais son tralic par eau, soit avec la mer par le bas fleuve, soit avec la Vilaine supérieure,est de faible valeur. De toutes les rivières de France, la Vilaine fut pourtant canalisée lapremière 1 : les travaux avaient été commencés dès l'année 1538.
Le grand port du département est la noble cité de Saint-Malo , qui garde, sur la merseptentrionale, l'entrée du grand estuaire de la Kance. Naguère la ville portait et méritaitle nom de « Saint-Malo-de-l'Ile ». Un la comparait volontiers à un navire à l'ancre. « Laidet sinistre, » Saint-Malo ne communiquait avec la terre ferme que par le « Sillon »,chaussée large seulement de 14 mètres et défendue par un château massif aux muraillescrénelées. Les alluvions de la mer, et bien plus encore les travaux de l'homme, ont tripléla largeur du Sillon, et la ville, libre désormais de s’étendre hors de son étroit rocher, a pucouvrir de ses maisons la péninsule qui la rattache au continent, et se développer au delàen un faubourg industriel, plus vaste que la ville, quoique bien inférieur en population.Quelques rues peu habitées, le quartier de la gare, des terrains vagues traversés par uncanal rejoignent le nouveau Saint-Malo à la ville de Saint-Servan, la plus grande, lamieux bâtie et la plus ancienne des deux cités rivales : c’est l’antique Alellmm, connue aumoven âge sous le nom de Keralet. Entre les deux péninsules de Saint-Malo et de Saint-Servan s'ouvre un golfe de plus d'un kilomètre de largeur moyenne, occupé en partie parle bassin à Ilot, en partie par des grèves qui couvrent et découvrent suivant l'heure desmarées, l'n pont roulant, de la construction la plus ingénieuse, chemine d’un côté àl'autre de l'anse en portant les voyageurs. En cette partie du littoral de la France , les ma-rées, doublées en hauteur par le Ilot de l’Océan qui vient se superposer à celui de laManche , peuvent s'élever, lors des équinoxes, à 13 mètres au-dessus de la basse mer;même, lors des llux de morte-eau, l'écart alternatif est de 7 ou 8 mètres. 11 en résulte queles deux villes changent constamment d'aspect ; tantôt la mer assiège leurs quais, les îleset les roches noirâtres de la côte sont battues par le Ilot et l'écume, les navires voguentorgueilleusement sur la rade; tantôt de vastes grèves s'étendent au loin dans la Hanceet dans la mer, les îles ne sont plus que de tristes rochers où l'on se rend à pied sec; lesembarcations gisent dans la vase, couchées sur le liane. Pour remiser les navires, il alallu construire dans la partie intérieure du golfe un vaste bassin à Ilot, assez profondpour recevoir les bâtiments du plus fort tirant d'eau, mais non encore terminé. Actuelle-ment les ports extérieurs de Saint-Malo et de Saint-Servan sont presque abandonnés ; leport de Solidor, qui s'ouvre dans la côte de Saint-Servan, au sud de la tour de Solidor etde la péninsule fortifiée de la Cité, n'est plus rempli comme autrefois de frégates et decorvettes de guerre. M. de Bon y a fait pour la première fois en France , dès 1833, desessais d'ostréiculture.
Bretons et insulaires, les Malouins se sont fait une histoire tout à fait distincte de celledu reste de la France . De 1390 à 1594, ils avaient même réussi à se constituer en répu-blique indépendante Plus tard, ils s'adonnent avec une étonnante énergie au commercep nilant la paix, à la piraterie pendant la guerre. Avec Cartier ils découvrent le Canada ;avec l’orée ils abordent aux Malouines , aujourd'hui plus connues sous le nom d'iles Falk-
Krantz, Rapport à l'Assemblée nationale, 1872,