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Livre II. La France.
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RENNES , REDON.

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qucs mots spirituels ce que fut la session des Etats de 1071. La demeure où elle résidalongtemps, le château des Rochers, est située dans le voisinage de Vitré , à 6 kilomètres ausud-est ; il conserve plusieurs curieux tableaux de famille. Une deuxième ville, moinspopuleuse que Vitré, est située dans l’arrondissement : c'est la Guerehc de Bretagne ,près de laquelle s’étend l'une des grandes forêts de la contrée.

Rennes, chef-lieu d’Ille-et-Vilaine, ancienne capitale de la Bretagne et sa ville conti-nentale la plus populeuse, occupe une belle situation géographique, au conlluent de laVilaine et de l’Ille, — d’où son nom gaulois de Condate, — à la racine de la péninsulede Bretagne et sur le chemin naturel de la Loire au golfe des îles Normandes . Des moyensde communication faciles ont accru ces avantages : le canal navigable d'ille et Ranceréunit les deux mers opposées ; onze grandes routes convergent sur les places de Rennes et maintenant quatre chemins de fer aboutissent à sa gare. Depuis les origines de l’his-toire armoricaine, Rennes est importante comme cité d’échanges, car elle porte encorele nom du peuple des Rcdones qui habitaient la contrée et dont elle était la ville prin-cipale. Malgré son long passé de prééminence, Rennes est d'assez morne apparence : unegrande partie de la ville a été rebâtie après le grand incendie de 1720 et les passantsmanquent aux rues trop larges, aux places trop vastes de ces quartiers. Les monuments,réguliers, uniformes, ont un aspect sévère et froid, dû en partie aux anciennes mœursparlementaires de la haute bourgeoisie rennoise ; d’ailleurs la nuance grise ou mêmenoirâtre du granit assombrit la ville.

Le plus remarquable édifice de Rennes au point de vue historique est la porte Mordc-laise, par laquelle les dignitaires de la Bretagne et de la cité faisaient autrefois leur entrée :dans l'un des murs est encastrée une inscription romaine en l’honneur de l’empereur Gor-dien. .Mais les grandes richesses de Rennes sont renfermées dans le palais universitaire,siège des diverses facultés ; lâ se trouvent le musée de sculpture et de peinture, un desmoins incomplets de la province pour l'histoire de l’art, et des collections de dessins, d'ar-chéologie, d'histoire naturelle. Une chaire de chimie agricole a été fondée à la Faculté deRennes , et dans le voisinage est la ferme-école des Trois Croix.

Les promenades de Rennes, scs vastes prairies aux bords de la Vilaine sont parmi lesbeautés du chef-lieu de la Bretagne . Un des châteaux des environs, celui de la Prévalayeou de la Prcvallais, a donné son nom aux beurres excellents qui se fabriquent dans tout cedistrict de l'Ille-et-Vilaine. Le bourg de Janzé, au sud-est de Rennes , est aussi renommépour scs produits gastronomiques, notamment pour ses poulardes. C’est un des centresde la fabrication des toiles â voiles. A quelques kilomètres à l'est, près d’Essé, se voit unedes plus remarquables allées couvertes de la France , longue de 22 mètres sur 2 mètres dehauteur: on donne â cette avenue de pierres le nom de Roche-aux-Fées.

A l’ouest de Rennes , le bourg, jadis fortifié, de Montfort-sur-Meu, dont il reste une tourservant de prison, a pris rang parmi les chefs-lieux d’arrondissement : on lui donne letitre de ville, bien que les habitants groupés au pied de l'ancien château soient à peineau nombre de quinze cents. Sa circonscription est aussi la moins peuplée de l'Ille-et-Vilaine ; mais elle est bien connue des archéologues par ses nombreux châteaux ruinés,ses abbayes, ses églises, ses pierres sacrées. Au sud de l'arrondissement, près du bourg dePlélan-le-Grand, s'étend la forêt de Paimpont , reste des immenses huiliers de Brocéliande,dont les romans de chevalerie racontent les mystères : c'est lâ que vivaient Merlin l’en-chanteur et la divine Viviane. Certaines clairières de cette région mystérieuse étaientrestées si longtemps ignorées de leurs voisins qu’une sorte de république de paysansavait pu s’y maintenir. Les Thélandais se gouvernaient eux-mêmes, et chaque année, réu-nis auprès d’une fontaine, ils élisaient par acclamation les serviteurs publics ; leurspropriétés étaient communes. Mais dès que leur isolement cessa, ils perdirent à la fois

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