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Livre II. La France.
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B A H FL EL’K, SAI.NT-YAAST, (V HLM AN.

CCI

triels et de grandes carrières. Au dix-septième siècle, Colbert avait donné à une verreriede Tourlaviile le privilège exclusif de « polir et doueir les plats de verre blanc souillé ».

A l'ouest de Cherbourg, le petit village de Beaumont-Hague , ainsi nommé de la pénin-sule terminale de la contrée, la Hague de nos jours, peut-être l'ancienne Coriallo gauloiseet romaine, a dans son voisinage des restes lies fort curieux, entre autres le grandretranchement de Ilague-Dicke, qui coupait la péninsule de mer à mer, sur une longueur deG kilomètres en droite ligne et en faisait un vaste camp retranché. M. de Caumonl attribuaitla construction de ce retranchement aux anciens habitants gaulois du pays. Celte opinion,si elle est juste, prouverait que les populations de cette époque étaient beaucoup plus ha-biles dans la construction des ouvrages militaires qu'on ne l'avait supposé 1 . Le petit portde ilartleur, très-fréquenté au moyen âge, est protégé par les rochers qui forment, ducôté de la Normandie, le promontoire extrême de la péninsule du Cotentin et qui mar-quent l'endroit précis où la Manche est le plus resserrée à l'ouest de la baie de Seine :sur ce cap, près duquel les eaux de marée Huent et rellucnt dans le périlleux courantdit raz de Gattcville, se dresse, à 75 mètres de hauteur, le phare le plus élevé de laFrance ; les navires cinglant à l'est de cette pointe restent toujours dans le champ de salumière jusqu’au moment oîi ils entrent dans celui des phares de la llève, qui éclairentle Havre . Actuellement Bailleur est presque désert : le port le plus actif de cette par-tie du littoral est celui de Saint-Yaast, protégé par l ile de Tatihou et le promontoire dela Ilougue : des forts défendent ces positions, rendues fameuses par la désastreuse ba-taille que Tourvillc dut v livrer en 1692 contre les flottes alliées de la Hollande et del'Angleterre. Saint-Yaast a des chantiers de construction et ses marins s'occupent de lapèche et de l'élève des huîtres : les parcs à huîtres s’étendent dans la haie sur un espacede 4 kilomètres carrés; c’est là qu'on a essayé pour la première fois d'acclimater en France plusieurs espèces de coquilles américaines, surtout l'huître de Virginie. Au large, semontrent les îlots Saint-Marcouf, où les Anglais s'établirent en 1795 pour en bure un postemilitaire contre la France . Pendant dix aimées ils rendirent les communications par merpresque impossibles entre Cherbourg et le Havre . Au point de vue naval, la presqu'île duCotentin était complètement isolée du reste de la France, d'un coté par Jersey et ses voi-sines, de l'autre par Saint-Mareouf.

Carcntan, au milieu de vastes marais que le travail de l’homme a transformés en ri-ches prairies, est aussi, grâce à son canal, un port de cahotage où des navires viennentcharger pour l’Angleterre du beurre, des œufs, des légumes, des animaux de boucherie.Carcntan appartient à l’arrondissement de Saint-Lû, la ville dont on a fait choix commechef-lieu de la Manche . Elle est fort gracieusement située au bord de la Aire, dans unecontrée de prairies et de coteaux verdoyants ; ses fabriques d'étoffes, très-renommées autre-fois, ont encore une certaine activité 2 .

Le. département de l’Orne, ainsi nommé de la rivière qui va se jeter dans la Manche en aval de Caen , est un pays de transition par la nature géologique, l'histoire et J in-du:,trie. La région occidentale de la contrée appartient aux formations primitives qui secontinuent jusqu'en Bretagne , et les hauteurs granitiques y prennent l'aspect de véritables

1 Ernest Desjardins , Géographie de la Gaule romaine, tome I, p. 555 et suivantes.- Communes urbaines les plus importantes de la Manche en 1872 :

Cherbourg . 55,60Ü liai).

» avec Equeurdivville

et Tourlaviile. 45,000 n

Granville . 14.750 »

Suint-Lô. 0,500 »

Avranehes. 8,150 liai).

Coutances . 8,050 »

Yalognes. 5,600 »

Saint—Yaast—de—la—îfougiio . . . 5,050 »

Villedieu—les—l’ocles. 5,550 a