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Livre II. La France.
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SEINE ET SES AFFLUENTS.

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affluents se développent parallèlement, suivant des courbes concentriques,et traversent les mêmes formations calcaires aux nombreuses fissures. Il

en résulte les accidents usuels de pertes lentes et de réapparitions soudaines.

»

La Seine elle-même reporte sa source initiale de lamont à laval et del'aval en amont suivant labondance des pluies, et souvent la statue que laville de Paris a fait dresser dans le vallon de Saint-Germain-la-Feuille, enimitation des nymphées antiques, ne se mire plus dans le cristal des eaux :elle 11 e domine quun lit pierreux. La vraie rivière se forme seulement à unevingtaine de kilomètres plus au nord par de fortes sources que lui envoientles plateaux de la rive occidentale. A Cbàtillon, à 50 kilomètres plus bas,une autre superbe « douix » ou fontaine séchappe dune porte des rochers,sous la promenade même de la ville. Les deux cours deau qui viennent plusbas gonfler la Seine , à droite lOurce, à gauche la baignes, sont égalementalimentés par de fortes douix. Celle de la Laigncs, qui jaillit au villagedu même nom, nest autre quun ruisseau, disparu à 2(J kilomètres enamont et à 120 mètres plus haut, sous une voûte calcaire en partie revêtuede bois.

En aval de Troyes, lAube dont les blanches eaux viennent de traverserles craies de la Champagne, la charmante Voulzie, puis au-dessous du con-fluent de lYonne , le I.oing bordé de son canal, lEssonnç au flot si pur,utilisé pour des minoteries et la fabrication du papier, même la petiteYères aux innombrables méandres, qui disparaît sous les branchages entre-mêlés des grands arbres, tous ces cours deau contribuent à régulariser parleur allure paisible le régime trop violent que les torrents morvandiauxdonnent à lYonne supérieure. Grâce à létendue relativement fort grandedes terrains perméables de son bassin 1 , grâce à la modération de sesaffluents filtrés dans les cavernes, la Seine est de tous les fleuves deFrance le plus égal dans son cours. Sans doute il a aussi ses écarts, et toutrécemment, au printemps de 1876, il a fait de grands dégâts sur toutesses rives basses et notamment dans Paris : au plus haut point de la crue,le 17 mars, la Seine roulait sous les ponts de la grande ville plus de1,650 mètres cubes à la seconde 2 * * 5 , tandis que dans la période des « mai-gres » on la vue réduite à un faible courant cinquante fois moins considé-rable; mais qye sont ces extrêmes de crue et détiage en comparaison de

1 Terrains imperméables des bassins fluviaux :

Loire . . . 45,000 kilomètres carrés sur-115,000 (115,146), soit 45 pour 100.

Seine . . . 19,000 » » 77,000 (77,511), soit 25 »

(Kranlz, Belgrand, Revue des Deux Mondes , 1" mars 1875.)

5 Belgrand, la Seine , p. 17.