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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

ceux de la Loire et surtout des oscillations de tant de fleuves du Midi , tantôteffrayants déluges, tantôt suintements dhumidité, invisibles sous les sablesdesséchés de leur lit'? Les recherches de M. Ilelgrand ont établi quà uneépoque des âges quaternaires la Seine était également un fleuve aux énor-mes écarts : la masse de ses eaux, plus profondes de 25 à 50 mètres, délias-sait parfois 50,000 mètres cubes par seconde, deux fois la moyenne duMississippi. De même tous les autres affluents : par exemple la Vanne , quicoule aujourdhui dans un lit de 11 mètres de largeur, avait, aux âges dela pierre, 1,160 mètres entre ses deux rives; il est vrai que celte rivièreétait alors peu rapide et sans profondeur. Du reste le régime des coursdeau a changer de cycle en cycle, suivant les conditions météorologiquessi différentes quamenaient avec elles les périodes glaciaires et les inter-valles de climats doux. Les murs parallèles de grès qui donnent une formesi bizarre au relief géologique de la forêt de Fontainebleau ne témoignent-ils pas de laction des glaciers, rabotant le sol sur lequel ils cheminaientlentement-, à moins quil ne faille y voir, avec M. Delesse, danciensbancs de sable consolidés que des courants parallèles, semblables à ceux duPas de Calais , avaient orientés jadis dans la même direction 1 ?

La Marne, qui vient sunir au lleuve principal aux portes mêmes de Paris ,semblerait au premier abord devoir être le grand cours deau, puisqu'ellese développe en une vaste courbe extérieure et concentrique à celle de laSeine , et par conséquent de. plus longue étendue ; mais elle maintient prin-cipalement sa vallée dans la région de la France la moins bien arrosée depluies : dans aucune partie de son cours la précipitation dhumidité nedépasse 60 centimètres par an. DEpernay à Meaux , la Marne serpentedans ces contrées de la Champagne et de la Brie au-dessus desquelles, parun étrange concours de phénomènes météorologiques, les nuages sont rela-tivement clair-semés dans le ciel : en moyenne, la hauteur de leau tom-bant annuellement dans cette partie du bassin natteint pas 40 centimètres;même la faible pluie qui arrose la contrée disparaît presque aussitôt dansles profondeurs du sol fendillé, pour aller rejaillir au loin dans les vallonsen charmantes fontaines aux rivages ombreux. Toutefois il ny a pointcoïncidence entre la rareté des pluies et linfertilité du sol. La ^ gnedite « pouilleuse » à cause de ses terres arides, de ses roches pulvérulentes,de son gazon court et rare, du triste aspect de ses cultures, de la laideur deses cabanes et de la pauvreté de lhomme qui les habite, sétend à l'esL de lazone aux pluies rares, et, quoique mieux partagée pour lhumidité, elle est

Lithologie du fond des mers, p. 514.