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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE

flot de la marée, suivant la marche des courants partiels qui sentre-heurtent au large de l'embouchure.

Les travaux entrepris sur les côtes de la baie de Seine ont pour résultatden amoindrir considérablement létendue et de la changer peu à peu enun simple estuaire fluvial. Ainsi toute la partie orientale de la baie estdans une période de transformation rapide, grâce à la construction des di-gues parallèles entre lesquelles les eaux de la Seine , désormais enfermées,sont obligées de couler à marée basse; leur cours, auquel on a laissé unedirection curviligne continuant les méandres damont, a été prolongé den-viron 15 kilomètres en aval de Quillebœuf, et maintenant la véritableembouchure se trouve près de la côte méridionale, au sud dun banc devase qui se rattache au cap du llode ; on parle même de remplacer laSeine comme voie naviguable par un canal artificiel creusé à travers lesalluvions, de Port-Jérôme au Havre . Les digues submersibles qui diri-gent le courant de la Seine nempêchent pas la mer de déposer des allu-vions sur les fonds voisins, et lœuvre de comblement se fait avec dautantplus de rapidité tpic le reflux nest pas aidé par les eaux du fleuve : danslespace de deux années, les alluvions laissées par la liante mer sur uneétendue de 1,500 hectares, entre Yillequier et Quillebœuf, représentaientune masse denviron 20 millions de mètres cubes : le sol sétait exhausséduu mètre par an. A louest de Ouillebœuf, le golfe semi-circulaire dumarais Vernier a été transformé de la même manière en excellents ter-rains de culture : dès que les dépôts de vase atteignent le niveau des diguessubmersibles et ne peuvent plus recevoir de nouveaux apports, on exhaussele rempart de défense pour mettre la terre conquise à labri des irruptions delà mer, et le travail de lagriculture peut commencer.

Lestuaire parasite de la Ilille ou Risle, qui rejoint celui de la Seine àlouest du promontoire de la Roque, présente les mêmes phénomènes que legolfe principal et les riverains emploient les mêmes moyens pour enrendre le comblement plus rapide. La rivière qui vient sy jeter etque peuvent remonter les navires jusquà Pont-Audemer est un de cescours deau qui cheminent en partie dans les profondeurs du sol sous lesassises calcaires : à louest de Couches, il disparaît tout à coup et passesous la forêt de Beaumont pour reparaître au jour au-dessus de Beaumont-le-Roger .

1 Beaulieu, cité par Delesse, Lithologie du fond des mers, p. 219.