684
NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE
flot de la marée, suivant la marche des courants partiels qui s’entre-heurtent au large de l'embouchure.
Les travaux entrepris sur les côtes de la baie de Seine ont pour résultatd’en amoindrir considérablement l’étendue et de la changer peu à peu enun simple estuaire fluvial. Ainsi toute la partie orientale de la baie estdans une période de transformation rapide, grâce à la construction des di-gues parallèles entre lesquelles les eaux de la Seine , désormais enfermées,sont obligées de couler à marée basse; leur cours, auquel on a laissé unedirection curviligne continuant les méandres d’amont, a été prolongé d’en-viron 15 kilomètres en aval de Quillebœuf, et maintenant la véritableembouchure se trouve près de la côte méridionale, au sud d’un banc devase qui se rattache au cap du llode ; on parle même de remplacer laSeine comme voie naviguable par un canal artificiel creusé à travers lesalluvions, de Port-Jérôme au Havre . Les digues submersibles qui diri-gent le courant de la Seine n’empêchent pas la mer de déposer des allu-vions sur les fonds voisins, et l’œuvre de comblement se fait avec d’autantplus de rapidité tpic le reflux n’est pas aidé par les eaux du fleuve : dansl’espace de deux années, les alluvions laissées par la liante mer sur uneétendue de 1,500 hectares, entre Yillequier et Quillebœuf, représentaientune masse d’environ 20 millions de mètres cubes : le sol s’était exhausséd’uu mètre par an ‘. A l’ouest de Ouillebœuf, le golfe semi-circulaire dumarais Vernier a été transformé de la même manière en excellents ter-rains de culture : dès que les dépôts de vase atteignent le niveau des diguessubmersibles et ne peuvent plus recevoir de nouveaux apports, on exhaussele rempart de défense pour mettre la terre conquise à l’abri des irruptions■ delà mer, et le travail de l’agriculture peut commencer.
L’estuaire parasite de la Ilille ou Risle, qui rejoint celui de la Seine àl’ouest du promontoire de la Roque, présente les mêmes phénomènes que legolfe principal et les riverains emploient les mêmes moyens pour enrendre le comblement plus rapide. La rivière qui vient s’y jeter etque peuvent remonter les navires jusqu’à Pont-Audemer est un de cescours d’eau qui cheminent en partie dans les profondeurs du sol sous lesassises calcaires : à l’ouest de Couches, il disparaît tout à coup et passesous la forêt de Beaumont pour reparaître au jour au-dessus de Beaumont-le-Roger .
1 Beaulieu, cité par Delesse, Lithologie du fond des mers, p. 219.