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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
l'aval. Par la bonneterie et la métallurgie, l'Aube possède aussi une certaine importanceindustrielle; néanmoins la pauvreté naturelle du sol n’a pas permis aux habitants de sepresser dans le département en aussi grand nombre que dans le reste de la France ; lapopulation y est moins dense de plus d'un tiers *.
En sortant de la Côte-d'Or, la Seine pénètre dans l'arrondissement de Bar-sur-Seine,dont le cliel'-lieu est l'une des villes les plus modestes de France ; elle n’a pas mêmeautant d'habitants que le bourg des trois Iliceys, Hicey-IIaut, Hicey-IIauterive et Ricev-Bas, situés au sud de Bar, dans la vallée de la Laigne, aux versants couverts de vignobles.
Troycs, l'ancienne capitale de la Champagne et le chef-lieu de l'Aube , est la seulegrande ville du département. Exposée comme elle l’est, dépourvue de toute défense natu-relle, défilés ou montagnes, l’antique Augustobona, ville principale des Tricasses, devaitsubir toutes les invasions, mais profiter aussi, en temps de paix, de tous les avantagesdu commerce. Ce fut donc de bonne heure un entrepôt de marchandises, un lieu de foirestrès-fréquenté par les négociants étrangers, aussi souvent que la guerre ne venait pas fer-mer les ateliers et disperser les populations. A diverses époques pendant le moyen âge,elle se distingua par l’activité de son industrie et de ses échanges. Au dix-septième siècle,elle jouissait d'une grande prospérité, lorsque la révocation de l’Édit de Nantes la ruinapresque complètement et réduisit sa population à 12,000 habitants. A l’époque de laRévolution, le tissage, qui était la grande spécialité de Troycs, fut à peu près abandonné,mais pour être remplacé par la bonneterie, qui a pris de décade en décade une plusgrande extension. Maintenant les objets de bonneterie en laine et en coton, tissés pres-que uniquement à bras, alimentent presque toute l’exportation de Troycs: l'Amérique duNord achète surtout des bas et chaussettes en coton ; l’Amérique du Sud des lainageset des bas de fantaisie pour les enfants ; la Suisse demande les gros tricots de laine*.Outre ses nombreux métiers, Troyes possède aussi diverses usines, et dans sa banlieue,des pépinières dont les produits s’expédient dans toute la France . Le.commerce de Troycsest facilité par de nombreuses grandes routes et cinq lignes de chemins de fer. Il y atrès-peu de mouvement sur le canal de la haute Seine, l’un des bras régularisés de larivière qui se ramifie dans les divers quartiers de la ville.
Troyes a de beaux édifices. Sa cathédrale, que l’on mit quatre cents années à bâtir etqui depuis a été fréquemment réparée, se termine par un chœur et une abside fort re-marquables du treizième siècle, éclairés par des vitraux de la même époque n’ayant quepeu d’égaux en France pour la richesse et la pureté du style. Une autre église, Saint-Urbain, est un édifice très-élégant de la première période ogivale. Une ancienne abbayecontient l'une des bibliothèques les plus riches de la province, ainsi que diverses collec-tions d’histoire naturelle, d’ethnologie, d’archéologie et d’art : le musée proprementdit renferme en grande partie l’œuvre de Simart, l’un des célèbres enfants de la ville,où naquirent aussi le pape Urbain 1Y, le sculpteur Girardon, le peintre Mignard. De ma-gnifiques promenades ont remplacé l’enceinte du moyen âge.
En aval de Troyes est Romilly-sur-Ssinc, où la bonneterie est aussi fort importante,puis vient Nogent-sur-Scine, chef-lieu de l’un des cinq arrondissements de l’Aube . Aunepetite distance au sud-est, dans la jolie vallée de l’Ardusson, était l’abbaye du Paracletoù s’était retiré le célèbre Abélard. Le chimiste Thénard est né à Louptière, dans l’arron-dissement de Nogent, sur la route de Sens.
1 Superficie de l'Aube . Population eu 1872. Population kilométrique.
G,001 kilomètres carrés. 255,700 habitants. 45 habitants.
2 Industrie du tissage de coton dans l’Aube en 1875 :
55 manufactures, avec 85,100 broches; 15,700 métiers à bras