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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

plus considérable est une maison centrale où sont enfermés d'ordinaire plus de 1,000 dé-tenus. Au nord-est de la ville est le fameux château de Yaux-Praslin, dont le surintendantFouquet avait fait une merveille et qui fut la cause de sa disgrâce; il renferme des pein-tures de Mignard, de Lebrun, et le parc a été dessiné par Le Nôtre. Un grand nombre deshabitants de Melun se trouvent déjà par leurs affaires dans le cercle d'attraction de Paris .Plus au nord, le bourg de Brie-Comtc-Uobert peut même être considéré comme faisant par-tie de la banlieue parisienne. Tous les travaux y ont rapport à l'approvisionnement de lagrande cité; c’est pour elle que les ouvriers extraient les pierres et brûlent la chaux, queles jardiniers cultivent les roses, que les fermiers récoltent grains et légumes et prépa-rent les fromages, bien inférieurs à ceux d’autrefois, la demande dépassant les ressourcesde la fabrication.

L’arrondissement de Coulommicrs appartient presque en entier au bassin de la Marne .La petite ville qui lui sert de chef-lieu et qui est aussi l’un des principaux marchés pourles fromages, est située sur le Grand-Morin, qui vient de recevoir la plus forte source dubassin de la Seine. En amont de Coulommicrs, non loin du vieux bourg de la Ferté-Gaucher , l’eau pure du Grand-Morin alimente plusieurs papeteries. Le plus vaste de cesétablissements fabrique le papier du Timbre et de la Banque de France .

La Marne , qui serpente en bizarres sinuosités au nord du plateau de la Brie, arrose lacontrée la plus fertile du département, celle où les habitants se sont groupés en plus grandnombre; les villes y sont aussi plus rapprochées. La Ferté-sous-Jouarre, bâtie sur les deuxrives de la Marne , au confluent du Petit-Morin, a de beaux jardins, des vergers et des car-rières très-importantes de pierres meulières, qu’on expédie jusqu’en Amérique . Au sud,par delà le Petit-Morin, s’élève sur le plateau la ville de Jouarre , jadis célèbre par un couventdont il reste une crypte enfermant deux églises souterraines.

Meaux , dont le nom francisé est encore celui de la peuplade gauloise des Meldi, est

au centre de l’arrondissement dont il est le chef-lieu, dans un large bassin que la

Marne et le canal de l’Ourcq contournent en sens inverse. Sa cathédrale inachevéedresse sa plus haute tour, du style ogival flamboyant le plus riche, bien au-dessus desmaisons groupées à sa base, et de sa plate-forme on peut discerner par un temps clair lesbuttes de Paris, à 58 kilomètres de distance. En 1229, un traité conclu à Meaux mit un

terme à la guerre des Albigeois et valut à la France une grande partie du Midi. Meaux ,

comme la plupart des villes du département, a pour industries principales celles de l’ap-provisionnement de Paris : elle lui vend surtout des grains, des farines, des fromages, desvolailles. Lagny, située plus bas dans la vallée, s’occupe du commerce des mêmes denrées.A l’ouest, près de la Marne, est l’ancien bourg de Chelles , dont la célèbre abbaye n'a laisséque des vestiges : c’est là que, d'après la tradition, Frédégonde fit tuer son mari Chilpé-ric I er . Déjà les usines éparses, dont la plus connue est la fabrique de chocolat de Noisicl,dépendent de l'industrie parisienne ; les villas, les châteaux qui se montrent sur les hau-teurs entre les pelouses et les grands massifs de verdure, ne sont pour la plupart habitésque pendant une partie de l’année par des familles résidant d’ordinaire à Paris . Au sud deLagny se trouve le château de Ferrières, un des plus somptueux de la France , un des plusriches en objets d’art G

1 Communes les plus importantes de Seine-et-Marne en 1872 :

Meaux.

1 La Ferté-sous-Jouarre . .

. . T.500

Melun.

. . 11,150 »

1 Coulommiers . ..

Fontainebleau .

Nemours .

. . 4,010

Provins .

Lagnv.

. . 4.000

Monlereau-fault-Yonne. . .

. . 6,700 »

1 Brie-Comte-Robert .

. . 2,700