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par l’amour des arts, de la science ou de la fine causerie sur les choses del’esprit. Nulle part les hommes intelligents, les plus différents de goûtset d’opinions, ne trouvent plus facilement un milieu qui leur convienne.Cent villes distinctes y sont contenues dans une seule, et pourtant il est peude cités qui dans leur ensemble aient une personnalité plus nette que Paris .Comparée à la capitale de la France, l’immense Londres manque tout àfait de cohésion. Dans la métropole de l’Angleterre, les diverses sociétés son}juxtaposées, tandis qu’à Paris elles se fondent par gradations insensibles demanière à former un tout complet.
Il est fort étrange que les avantages remarquables de Paris comme villeà position géographique privilégiée n’aient pas été reconnus de tout temps.« La fortune de Paris est l’œuvre des hommes seulement et la nature n’y arien mis du sien, disait M. Saint-Marc Girardin dans un de ses cours publics.« Le lieu où elle est bâtie n’est pas un de ces lieux qui semblent faits et dé-signés pour avoir une ville;... Paris est une capitale qui pouvait être ail-leurs et qui s’est trouvée là par hasard pour ainsi dire. » Dans leur admi-rable Explication de la carte géologique de France, Élie de Beaumont et Du-li'énoy ont au contraire démontré que la forme du sol et du sous-sol avaitfacilité, nécessité même la naissance d’une grande ville dans le bassin deParis , et sans peine ils auraient pu ajouter, à l’appui de leur opinion,d’autres arguments que ceux de la géologie.
D’abord, en ne considérant la situation de Paris que par ses avantagesimmédiats, appréciables même pour des hommes à civilisation rudimen-taire, la vieille Lutèce avait le privilège de se trouver près du confluentde deux rivières considérables et de posséder ainsi deux grands cheminsnaturels se ramifiant en nombreuses voies secondaires dans toutes les val-lées latérales. Un groupe d’iles situé en aval du confluent facilitait le pas-sage avant qu’on eût encore appris à construire des ponts sur les largesrivières, et les habitants qui venaient bâtir leurs cabanes dans ces îles setrouvaient défendus par de larges fossés naturels où des assaillants ne pou-vaient s’aventurer sans danger. La haute butte Montmartre , à une petitedistance au nord, était très-favorablement placée pour servir de montagnede guet : de là il était facile d’observer au loin la plaine environnante,ainsi que les longs méandres de la rivière qui se déroulent vers le nord-ouest.
Beaucoup d’autres villes des Gaules avaient, il est vrai, des avantages lo-caux d’égale ou même de plus grande importance ; mais relativement à l’en-semble du territoire qui est devenu la France, Paris a d’autres privilègesd’ordre supérieur. D’abord les rives de la Seine font partie de cette voie na-