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Livre II. La France.
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r.uus.

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(le la rive droite. Le canal de dégorgement, qui passe en profond souterrain au-dessous dela colline de Monceaux et qu'alimentent 800 kilomètres d’égouts, verse à la Seine , vis-à-vis d’Asnières , un volume de matières impures évalué en moyenne à 5 mètres cubes parseconde. C’est bien là le vrai fleuve de l’aris, dont le bassin caché est tout différent dubassin superficiel, car il a ses pentes distinctes, et mêle des eaux fournies par la Vanne , laDhuis et l’Ourcq , à la rivière de Bièvre, affluent de la rive gauche de la Seine, et au ruis-seau de Ménilmontant, affluent de la rive droite.

Ce n’est pas tout. Au débouché d’Asnières , le mouvement circulatoire se dédouble.Une partie des eaux s'écoule dans la Seine , que malheureusement elle rend encore tout àfait insalubre, pestilentielle même, tandis qu’une autre partie, renfermant surtout lesmatières solides, est exhaussée, par de puissantes machines à vapeur, et passe sous le pontde Clichy, pour aller, sur l’autre rive du fleuve, se mêler au collecteur de Saint-Denis ets'épancher en liquide fertilisant dans la plaine deGenncvilliers. Sous l’action de cet engrais,le gravier naguère infertile de la péninsule s'est transformé en un terrain d’une grandefécondité : on peut y cultiver nombre de plantes que jadis le sol se refusait à nourrir.En peu d'années, la valeur du terrain a presque décuplé ; la presqu’île, d’environ ‘2,000hectares, se change en un jardin maraîcher d’une valeur inestimable. Néanmoins les ha-bitants de la plaine se plaignent de tout ce flot d'eaux impures qu'absorbent leurs terres,et la ville va s’occuper de les répartir sur un espace plus considérable, en ajoutant auxchamps de Gennevillicrs plus de 1.000 hectares de terrains sans grande valeur, qui s’éten-dent dans la partie basse de la forêt de Saint-Germain, près de Maisons-Laffitte . Grâce à cetaccroissement de territoire, la grande cité pourra désormais utiliser facilement jusqu'àla dernière goutte de ses eaux impures et les taire renaître en substances alimentaires.On a calculé que les 125,000 tonnes de matières solides jetées par la ville de l’aris dansses égouts représente une valeur de 15 millions, et pourtant ce n’est là qu'une laible partdes pertes que la science permettra d’éviter!

Par ses aqueducs et ses égouts, l’organisme de Paris s’étend sur le territoire bien audelà des limites de la banlieue proprement dite. De même les jardins, les bois, les forêts,«poumons)) de Paris où les citadins vont quelquefois pur centaines de mille respirerPair pur des beaux jours, occupent de vastes étendues dans la Seine et les départementsvoisins. A l’intérieur de ses murs, Paris a déjà de beaux jardins publics, le parc Monceaux,aux massifs charmants, celui des buttes Chaumont, .tracé avec tant de hardiesse, celui deMontsouris, où s’élève l’observatoire météorologique. En dehors des remparts, Paris s’estdonné le bois de Yincennes, où de gracieux paysages font çà et là l’illusion de la naturelibre, tandis qu'à l’ouest il s’est complété par le bois de Boulogne , son parc le plus fré-quenté, celui où se pressent parfois plus d’un demi-million d'hommes lors des grandescourses de Longchamp. Ce bois dont le terrain est naturellement fort ingrat, ne se prê-tait pas à la croissance de grands arbres qui pussent donner aux Parisiens le luxe d’unevéritable forêt aux portes mêmes de leur ville ; mais on a pu du moins en faire un vaste jar-din d'acclimatation, en y introduisant tous les végétaux qui prospèrent sous le ciel deParis, et dans un enclos du bois une société scientifique essaye d’assouplir au climat fran-çais des animaux étrangers, encore sauvages ou déjà domestiqués. Outre les parcs qui lui ap-partiennent en propre \ Paris peut aussi compter parmi ses dépendances naturelles tous lesgrands bois et les forêts de la contrée, Saint-Cloud, Versailles , Saint-Germain, Montmo-rency, Ermenonville, Chantilly, Compiègne, Fontainebleau !

De mille manières a lieu cette prise de possession du pays environnant par la capitale,bien au delà de l’espace que recouvrent les maisons elles-mêmes. Ainsi, n’ayant plus de

1 Superficie des jardins, des parcs et des bois de Paris en 1870 : 1,879 hectares.