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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
le roc, qui dominait le cours de la Seine et forçait tous les bateaux à l’acquit d’un droit depéage. Au nord, sur les bords de l’Eple, est le village de Saint-Clair, où s’élève un vieuxchâteau des ducs de Normandie : c'est à Saint-Clair-sur-Epte que Rollon voulut bien con-sentir à recevoir de Charles le Simple l’investiture de ses conquêtes, en 912.
Par l’arrondissement de Pontoise, on rentre dans la banlieue de Paris. Enghien , visitéepar les malades à cause de ses eaux sulfureuses, mais surtout par les promeneurs à causede son lac, de ses ombrages, de ses villas, se rattache à la capitale par Saint-Denis : sesrues et scs allées se ramilient jusque dans le voisinage de la Seine et des forts. Immédia-tement au-dessus d’Engbien, Montmorency, célèbre par les cerisiers de la plaine environ-nante, borde de scs maisons l’extrémité d’une colline d’où l’on aperçoit les édifices deParis à travers la fumée des usines et la poussière des routes. Châteaux et ermitagesdevenus fameux, grâce aux hommes illustres qui les ont habités, se pressent dans lesenvirons, au nord vers Luzarclics, au nord-ouest vers Pontoise : tic ces lieux de villé-giature, le plus célèbre est celui de Saint-Leu-Taverny, où se voient les tombeaux du der-nier des Condé et de Louis Bonaparte. Pontoise , chef-lieu de l’arrondissement, est undes grands marchés d’approvisionnement de Paris pour les grains, les farines, les légu-mes. Bâtie en amphithéâtre sur une colline en promontoire qui domine les vallées de l’Oise et de la Yiosne, où se succèdent les usines, les jardins, les prairies, Pontoise offre unaspect très-pittoresque avec ses promenades, ses restes de murailles, son église de Saint-Maclou. Le voisinage de Paris a valu à Pontoise d’être parfois une sorte d’annexe de lacapitale : en 1501, les États généraux s’y assemblèrent ; Louis XIV s’y réfugia pendantles troubles de la Fronde; il y exila le Parlement en 1755. En face de la ville, sur la rivegauche de l’Oise , est le village de Saint-Ouen-l’Aumônc, où se trouvent, au milieu des ar-bres, les restes curieux d’une abbaye du treizième siècle ; plus loin vers l’est, s’étendentles plateaux de Méry-sur-Oise, que la ville de Paris a choisis pour y établir sa grande né-cropole l .
Dans la partie septentrionale du bassin de la Seine s’étend un département de formetriangulaire qui, par l’une de ses extrémités, se trouve à la même latitude que Paris , et parson angle nord-oriental confine à la Belgique : c’est le département de l’Aisne , ainsinommé de l’une des nombreuses rivières qui le traversent. Il appartient presque en entierau versant de la Seine par la Marne et l’Oise, dont l’Aisne est un affluent, mais au nord-ouest il est arrosé aussi par la Somme et par l'Escaut, tandis qu’au nord-est coule la Sanrbre, tributaire de la Meuse . Les régions naturelles du département sont aussi fort diverses.L’ancienne province d’Ile-de-France y comprenait : au sud, le plateau nu de la Brie ;plus au nord, les hauteurs boisées et les frais vallons du Tardenois, puis le Soissonnais ,qu’arrose l’Aisne , le Valois, où sont encore de beaux restes de forêts, le Laonnais, au solcrayeux comme celui de la Champagne. Au nord-ouest et au nord, le Vermandois , au tripleversant, et la Thiérache montueuse dépendaient de la Picardie. Par son agriculture, son
1 Communes les plus importantes de Seinc-et-Oise en 1872 :