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commerce, son industrie, l’Aisne se rattache beaucoup plus au groupe du nord qu'auxdépartements limitrophes de l'est ou de l’ouest. Eli importance agricole, il ne le cède qu'auNord et au Pas-de-Calais 1 * , et, dans la rotation de ses cultures, il donne une grande placeaux plantes industrielles, lin, chanvre, navette, betterave; c’est le département de France qui nourrit le plus de moutons : aussi la production des fourrages y est très-considérable *•Pour la fabrication des glaces, ce département est à la tète de l’industrie dans le monde entier; pour les usines sucrières, il n’est dépassé en France que par le département du Nord >enfin il prend aussi une part considérable au tissage des étoffes de laine et de coton 3 .Situé sur la ligne du trajet le plus court entre Paris et les grandes régions houillèresd'Anzin, de Mons, de Charleroi, l'Aisne est également une contrée des plus commer-çantes ; ses canaux, ses chemins de fer transportent beaucoup de marchandises. La popu-lation moyenne du pays est plus élevée que celle du reste de la France 4 .
Dans son cours d’une cinquantaine de kilomètres à travers la partie méridionale dudépartement, la Marne ne baigne qu’une seule ville, Château-Thierry , dominée par les rui-nes de la forteresse du moyen âge qui lui a donné son nom. Ces débris, assez considéra-bles, doivent une beauté toute particulière aux jardins dessinés dans l'enceinte, auxpromenades qui l’entourent, aux heureux points de vue ménagés entre les tours. Château-Thierry est une des villes les plus dignes d’un pèlerinage littéraire, car on y voit encore,à peu près telle qu'elle était au dix-septième siècle, la maison où naquit La Fontaine .Au nord, dans la vallée de l'Ouroq naissant, est le vieux bourg féodal de la Fère-en-Tar-denois, dans le voisinage duquel M. Frédéric Moreau a récemment découvert, autour d’undolmen, près de 2,000 tombes renfermant des vases, des médailles et des poteries appar-tenant à tous les âges qui se sont succédé depuis celui de la pierre polie jusqu'à la pé-riode mérovingienne.
Soissons , l'antique ville de Noviodunum, chef-lieu des Suessiones, la capitale qui, lorsde l’invasion des barbares, fut pendant quelque temps le centre de résistance du mondegallo-romain et où la victoire de Clovis sur Syagrius décida du sort de la Gaule , la cité fièrece ses traditions qui fut une des premières, au douzième siècle, à se constituer en com-mune, est bien déchue relativement du rang qu’elle occupait autrefois ; mais elle est unedes premières villes de France pour la beauté de ses jardins et l’éclat de scs parterres.Elle a quelques débris romains dans son musée, et le moyen âge lui a laissé une vastecathédrale ogivale, la belle façade de l'ancien couvent de Saint-Jean des Vignes et lesrestes de l’abbaye de Saint-Médard, jadis l'une des plus riches de France . La seuleville de l’arrondissement de Soissons , en dehors du chef-lieu, est Yillers-Cotterets, patried’Alexandre Dumas : c’est là que François I er promulgua, en 1559, son fameux édit quirendait l’usage de la langue française obligatoire dans tous les actes publics. A l’est s’é-tend une grande forêt, traversée par un chemin de fer industriel construit dès 185G. Iltransporte les troncs d’arbres au l’ort-aux-Perches, où l'Ouroq commence à devenir na-vigable. A une petite distance au sud, le bourg de la Ferté-Milon est le lieu de naissance de
1 Valeur totale des cultures en 1862 dans l’Aisne : 220,000,000 fr.
5 Nombre des moutons dans l’Aisne en 1873 : 980,000.
3 Production des glaces dans l’Aisne en 1875 : 79,000 quint, métr. Valeur : 7,550,000 fr.
» du sucre de betterave » 870,000 » » 55,227,000 »
» de la mélasse » 555,250 » » 0,559,000 »
Industrie du coton en 1875 : 54,180 broches, 7,720 métiers mécan., 2,820 métiers à bras.
» de la laine » 161,510 - » 1,080 » 4,000 »
4 Superficie de l’Aisne . Population en 187-2. Population kilométrique.
7,552 kilomètres carrés. 552,450 habitanls. 76 habitants.