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Livre II. La France.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

SU

ancêtres ont déplacées pour leur donner un sens symbolique. Il est à remar-quer que les Vosges , comme un Irès-grand nombre d’aulres systèmesde montagnes, ont leurs points culminants, non sur l’axe même de lacrête, mais à une certaine distance en dehors. Ainsi le sommet le plusélevé des Vosges, le Ballon de Soultz ou de (iuclnviller, que la gracieusevallée de Saint-Amarin , tonte bruyante du mouvement des lubriques, séparepresque complètement du reste de la chaîne, se trouve à une douzaine dekilomètres à l’est de la crête principale, comme pour rappeler les colossesde la chaîne disparue, qui occupait autrefois l’espace où s’étend de nos joursla vallée du Rhin. De cette liante cime, et des autres grands sommets desVosges , on aperçoit au loin, par un temps favorable, les [tics neigeux del'Oberland bernois . Onze belles routes, dont la plus célèbre est celle de laSchlucht, entre Gérardmer et .Munster , gravissent hardiment les talus etles rochers, au-dessus des gorges et de leurs ruisseaux grondants, maisaucun chemin de fer ne traverse encore la grande chaîne.

Le contraste que présentent les deux versants des \osges, celui d’Alsace et celui de France , ne se borne pas à la différence générale des penteset à l’inégale répartition des sommets; il se manifeste aussi dans leclimat et par suite dans l'ensemble des phénomènes de la vie. 11 pleutbeaucoup plus sur les déclivités occidentales des grandes Vosges que sur lespentes tournées vers l’orient. Des deux côtés, l’abondance des pluiess’accroît avec régularité de la base des montagnes aux escarpements supé-rieurs; mais de part et d’autre les proportions se maintiennent de manièreà donner constamment l’avantage des pluies aux déclivités occidentales. Encomparant seulement les villes de la plaine d’Alsace et celles, un peu plusélevées, qui se trouvent au pied du versant de l’ouest, on constate des dif-férences de précipitation du double ou même du triple 1 . La raison de cecontraste est de toute évidence : les vents océaniques ne peuvent remonterles vallées occidentales des Vosges sans s’alléger en grande partie de leurfardeau de vapeurs. Le ciel est souvent brumeux sur la Lorraine . Tandisque les vignes prospèrent du côté de l’Alsace jusqu’à une altitude de400 mètres sur les pentes des coteaux exposés au midi, elles ne réussissentni sur le versant lorrain, ni sur les déclivités tournées vers Belfort , à causede la rigueur du climat s .

1 Eau recueillie de juillet 1866 en juillet 1867, d’après Charles Grad :

A l’est des Vosges. A l’ouc.-l des Vosges .

Strasbourg ( I ii” d’altitude). . 0",Sl-i Mirecourt (276" d’altitudel . . I".021

Colmar (200" » ). . 0”,;>ü2 Yesoul (257" » ) • • 1",G00

* Ch. Grad, ?iut:s manuscrites.