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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
les deux contrées 1 . Le fohn souffle surtout en hiver et au commencementdu printemps, lorsque la zone médiane du système général des vents estencore dans le voisinage de l’équateur; il varie beaucoup suivant les valléeset les saisons, mais il est généralement sec, chaud, énervant; il est vraiqu’en passant sur la haute crête des Alpes , il se refroidit et laisse souventtomber de fortes pluies sur le Mont-Rose et les cimes du Tessin ; toutefois,en plongeant dans les vallées, il reprend son calorique par la condensationet souffle en vent tiède ; c’est lui surtout qui fond les neiges au printemps :parfois, en quelques heures, il nettoie de vastes pentes de la couche nei-geuse qui brûlait les herbes. « Sans le fohn, disent les habitants des Gri-sons, ni le bon Dieu , ni le soleil d’or ne peuvent rien ! » Mais ce vent siutile est terrible aussi quand il souffle en tourmente. Malheur à l’embar-cation qui se hasarde alors à la surface des lacs exposés à toute sa furie !Les vagues, saisies par le tourbillon, s’entrechoquent en désordre; l’écumearrachée des flots s’élance en fusées et tournoie en véritables trombes ; lelac bouillonnant ressemble à un immense cratère d’eau fumante.
A l’étagement des climats sur les pentes des montagnes correspond ladiminution graduelle de tout ce qui a vie, plantes, animaux, êtres humains.Presque toute la population de la Suisse s’est groupée dans la plaine, surles collines basses et dans le fond des vallées, entre les hautes chaînes ;des courbes de niveau tracées sur le flanc des monts pourraient, enmaintes contrées de la Suisse , indiquer la limite précise des habitations.Une seule ville, la Chaux-de-Fonds, dans le Jura neuchâtclois, s’est élevéejusqu’à l’altitude de 1,000 mètres, mais en dépit du climat, pour ainsidire. Dans les hautes vallées, nombre de villages sont bâtis de 1,200 à1,500 mètres, et même dans le triste val d’Avers, tributaire du Rhin in-férieur, dans ces régions où « l’année se compose de neuf mois d’hiver etde trois mois de froid », il existe un groupe de cabanes situé à 2,012 mètresde hauteur : c’est le hameau de Juf, habité par des colons d’origine ger-manique; il n’est pas en Europe d’autre village, à population permanente,qui se trouve à pareille élévation. Plus haut encore, l’hospice du Grand Saint-Bernard , à 2,472 mètres, est ouvert toute l’année aux voyageurs qui traver-sent le col. Enfin plusieurs cabanes ont été construites dans les anfrac-tuosités des rochers au-dessus de la limite des neiges persistantes : ce sontles refuges bâtis par les soins des Sociétés de gravisseurs. La cabane la plusélevée est une de celles du mont Cervin (5,900 mètres).
On sait que l’influence du climat agit puissamment sur les habitants des
1 Recherches sur le fühn du 23 sept. 1866 en Suisse . — Bull, de la Société vaud. des sciencesnaturelles , vol IX, 1868.