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la population fixe de la contrée s’accroît annuellement de douze à quinzemille personnes. Malgré ses grandes étendues de neiges, la Suisse n’est pasmoins peuplée que la France en proportion de son territoire.
Cependant les récoltes du pays sont insuffisantes à nourrir les habitants.Les plaines à céréales ne peuvent fournir que la moitié de la nourriturenécessaire, et chaque année une part considérable des bénéfices industrielsdu pays doit être employée à payer des blés d’Allemagne, de Hongrie , desprovinces danubiennes. La vigne est cultivée avec soin, et les coteaux bienexposés, surtout ceux du Léman, du lac de Neuchâtel et du bas Valais ,forment en plusieurs districts un vignoble continu, d’où l’on a jusqu’àmaintenant exclu le redoutable phylloxéra; cependant le vin, que beaucoupde Suisses , notamment dans le canton de Yaud, boivent sans mesure, ne suffitpoint à la population, et la France doit subvenir au déficit annuel. 11 enest de même pour la plupart des produits de l’agriculture proprement dite,à l’exception des fruits, que certains cantons de la plaine, notamment ceuxdu nord, Argovie, Zurich, Schaffouse, Thurgovie , fournissent en abondance. *
La nature même du pays, qui ne permet pas à la Suisse de rivaliser avecles régions voisines par l’importance de ses cultures, lui donne en échangela supériorité pour les prairies et les pâtis. Naguère aussi, les forêts du paysétaient largement suffisantes 1 ; mais depuis le commencement du siècle lasuperficie des bois a beaucoup diminué : dans certains cantons, principale-ment dans le Tessin et le Valais , le déboisement s’est fait comme auhasard, et l’on sait avec quelles fâcheuses conséquences pour le climat etpour le régime des torrents. De nos jours, les cantons des Waldstattenne méritent plus leur nom, et la fameuse forêt qui sert de limite auxdeux moitiés de l’ancien canton forestier par excellence, Unterwalden , esttellement amoindrie, qu’en maints endroits ce qui en reste serait à peinedigne du nom de bosquet. Des lois précises ont été promulguées pour la pro-tection des forêts nationales et cantonales ; mais une grande partie des boisest devenue propriété privée, quoique, d’après les actes de distribution, ileût été stipulé que ces bois, après six ou neuf ans, reviendraient à la com-mune 2 . Aussi, de décade en décade, voit-on diminuer la surface des forêts
Terres arables et vignes. . . . 609,120 hectares.
Prairies cultivées. 656,610 »
Pâturages. 792,000 »
Forêts. 712,800 »
1,428,610 hectares.
15,6 pour 100.
55.8 »
17.9 »
68,5 pour 100.