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Livre III. L'Europe Centrale.
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COMMUNES ET CANTONS SUISSES.

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stitnait, dans le grand organisme, la première cellule républicaine,, ainsique les Grisons nous en fournissent un exemple frappant. Grâce à la na-ture du sol, qui sépare toutes les communes les unes des autres par desbarrières de rochers et de neiges, il avait été facile aux habitants de main-tenir dans chaque vallon leur autonomie distincte. Ces divers groupesétaient unis, pour la gérance des intérêts communs, en juridictions ethautes juridictions, dont le pouvoir avait jadis une potence pour symbole,et les juridictions formaient à leur tour une ligue pour se mettre en défensecontre l’étranger. Trois de ces ligues, alliance générale de toutes les com-munes confédérées, constituaient le peuple des Grisons .

Dans son ensemble, la république suisse ne ressemblait nullement autype idéal que l’on se fait d’une pareille organisation politique. Tes abusde la féodalité et les violences de la conquête s’y mêlaient étrangement à lapratique des libertés locales. Le servage existait; de Soleure il n’avait pasencore disparu en 1782. Les habitants des plaines et des collines basses,que la nature ne protégeait pas contre les incursions des bandes armées,étaient devenus le bétail des seigneurs ou des abbayes. Le droit n’était lemême nulle part; les privilèges différaient partout, suivant les vicissitudesdes conquêtes et des alliances. Parmi les villes de la Suisse , quelques-unesavaient le titre d’alliées, sans être souveraines; d’autres étaient simplementadmises à l’honneur d’être protégées; un plus grand nombre n’étaientqu’un butin de victoire, et devaient obéir, soit à l’un des cantons, soit àl’ensemble du peuple suisse. Il fallut la terrible secousse de la Révolutionfrançaise pour changer cet état de choses et faire entrer les Suisses dans lavoie de l’égalité civile et politique. La répartition des cultes en Suisse estune preuve évidente de la violence tyrannique exercée jadis par chaquepetit Etat : les rites religieux, de même que le cérémonial des fêtes, toutétait imposé, réglé d’avance. Suivant l’issue des luttes engagées après lala réforme, tous les habitants d’un même' cercle politique étaient tenus deprofesser le même culte, quelle que fût du reste leur foi cachée : de là cebizarre enchevêtrement des religions, indépendant des langues et des ver-sants, mais devenant de plus en plus indistinct à cause de la tolérance reli-gieuse, du va-et-vient des Suisses dans les divers cantons et de l’immigra-tion des étrangers. En outre s’est formé un nouveau culte, celui des « vieux-catholiques », groupés pour la plupart dans les cantons de Soleure , deBerne, d’Argovie .

Quelques petits cantons, Claris, Uri, les deux Appenzell et les deux Ln-tervvalden, ont conservé leurs anciennes assemblées populaires, où tous lescitoyens délibèrent en commun. Aux origines de la confédération, ces réu-