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Livre III. L'Europe Centrale.
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INDUSTRIES DES ISTRIOTES ET DES DALMATES.

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sur les navires de l'Autriche qui canonnaient et coulaient ceux de l’Italie ;c’est aussi un équipage de langue italienne qui découvrit, en 1875, sous ladirection de Weyprecht et de Payer, l’archipel polaire de François-Joseph .La navigation, avec les industries annexes, telles que la construction desbâtiments, la fabrication des voiles et des cordages, la salaison des viandes,occupe presque tous les habitants de la côte et des îles, slaves et italiens;mais ce sont surtout ces derniers, avec les banquiers israélites domiciliésdans les ports, qui jouissent des bénéfices du commerce. Chose remarqua-ble, ce sont même des Italiens de la péninsule, les pêcheurs de Chioggia ,qui viennent capturer presque tout le poisson dans les eaux dalmates. Onvoit dans tous les ports de la côte leurs grosses chaloupes, avec leurs filetsroux suspendus aux mâts et leur grand œil peint au devant de la proue.

Malgré toutes ses richesses naturelles et son excellente position géogra-phique, la Dahnalie est bien éloignée d’avoir en Europe l’importance rela-tive qui devrait lui revenir. Ce pays est fort déchu depuis l’époque romaine.L’illyrie était alors beaucoup plus habitée et plus industrieuse qu’elle nel’est actuellement; les grandes villes y étaient fort nombreuses; ses plaines,où séjournent les marécages, étaient en culture; ses montagnes, aujour-d'hui désertes, étaient activement exploitées par les carriers et les mineurs.Au moyen âge, la Dahnalie eut aussi sa période de grande prospérité. Ra-gusc, la Dubrovnik slave, était, comme Venise et Cènes, une des reines dela mer; elle avait des relations actives avec toutes les escales de la Méditer-ranée, expédiait directement ses marchandises jusque dans les Indes , traitaitd’égale à égaux avec les États les plus puissants. Par son amour des lettreset des sciences, non moins que par sa vie politique et son grand mouvementcommercial, Raguse était un centre de civilisation pour les tribus slaves del’intérieur. 11 n’en est plus ainsi. Ruinée par Charles-Quint qui lui em-prunta jusqu'à trois cents navires, puis détruite en 1667 par un tremble-ment de. terre, occupée par les Français à la fin du siècle dernier, puistransmise de maître en maître, Raguse n’a pu réparer ses désastres, etmaintenant elle n’est plus qu’un petit port de troisième ordre, tandis queTrieste , son heureuse rivale, devient un des grands marchés de la Méditer-ranée.

De même que Raguse, la Dalmatie tout entière a dû passer par une pé-riode de décadence, et maintenant, comme pays civilisé, elle se trouve sin-gulièrement en arrière, non-seulement des contrées de l’Italie qui lui fontFace de l’autre côté de l’Adriatique , mais aussi, à beaucoup d’égards, de laCroatie et de la Serbie indépendante. Depuis que la Dalmatie est une pro-vince de la monarchie austro-hongroise, l’abandon relatif où elle se trouve