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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

provient aussi en grande partie de son éloignement de la capitale : elle estcomme une colonie lointaine qui reste ignorée et qui n’a pas l’autonomienécessaire pour s’occuper d’elle-mèine. Du moins si les ports dalmates,que les faillies ressources d’un pays appauvri ne suffisent point à faireprospérer, pouvaient servir de marchés d’exportation libres aux con-trées de l’intérieur, leur importance ne manquerait pas de s’accroîtrepromptement par le mouvement des échanges; mais à une faible distancede la côte, à quelques kilomètres à peine en certains endroits, commencedéjà la frontière turque, gardée parmi cordon de douaniers et de soldats :les canons du sultan pourraient bombarder les navires de l'Adriatique par-dessus le territoire autrichien. On sait que le littoral de l’ancienne répu-blique de Raguse se trouve même complètement séparé du reste de la Dal-malie par deux lisières de terrain dont l’inquiète cité avait fait présent auGrand-Turc pour opposer une barrière aux Vénitiens : ces deux zones deterre mahométane sont, au nord de Raguse , l’enclave de Ivlek, au sud cellede la Suttorina.

Seule entre toutes les provinces de la monarchie austro-hongroise, laDalmatie attend encore le chemin de fer qui doit la mettre en communicationdirecte avec le réseau européen : à cet égard, elle est même plus arriérée quesa voisine, la Rosnie turque. Depuis de longues années déjà, Trieste est de-venue, grâce à l’escalade du Semmering, le port de Vienne sur l’Adriatique ;la rade militaire de Pola est également rattachée au reste de l’empire etFiume est aussi réunie à Vienne et à l’est, ses deux capitales; mais il est àcraindre que le Vellebic et les montagnes de la Croatie 11e séparent encore pen-dant longtemps du réseau des chemins de fer européens le petit tronçon devoie ferrée qui réunit les deux ports de Scbenico et de Spalato . Toutefoisles changements politiques et sociaux considérables qui 11e peuvent manquerde s’accomplir dans la péninsule thraco-hellénique auront certainementpour conséquence de mettre la Dalmatie en rapport plus intime avec les popu-tions slaves et bulgares de l’intérieur. Là est l’avenir pour la Dalmatie : ainsile veulent, malgré les frontières, les conditions géographiques de la contrée.

Une importante cité commerciale devait naître vers l’extrémité septen-trionale de la mer Adriatique , près des bouches de l’isonzo, à l’endroit oùviennent aboutir les chemins du Danube et des Alpes . Aux temps de la puis-sance romaine, cette ville était Aquileia . Plus grande et plus peuplée que nele sont ensemble les deux cités rivales de Venise et de Trieste qui lui ontsuccédé, Aqnilée eut, dit-011, jusqu’à un demi-million d’habitants dans son