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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

dans la plupart des vallées. De même que sur le versant de l’Adriatique , lesassises du versant de la Save sont disposées comme un immense édifice àgaleries superposées et communiquant les unes avec les autres : les eauxs'élancent d’un puisard pour s’engouffrer dans un autre et reparaître en-core à la liouclie de quoique caverne. C’est entre Segna (Zengg) et Ogulin ,des deux cotés de la Kapella, que l'on voit en plus grand nomlire des ser-pentines de rivières se montrant et disparaissant lotir à tour, sans raisonapparente. Aon loin d'Ugulin, le chemin de 1er passe au-dessus d’une deces grandes sources : on dirait que la rivière sort du remblai, l'n grandnombre de villages n’ont d’eau que celle des citernes, quoique des torrentsconsidérables coulent au-dessous d'eux; mais parfois, à l’époque des fortescrues, ces rivières souterraines, 11 e trouvant plus d'issues assez larges parles grottes profondes, débordent à l’air libre et s'étalent en lacs dans lesbassins fermés. Ainsi la Gaika d’Utocac a formé un lac temporaire de 50,de 40, et même, en 1802, de 49 mètres de profondeur 1 .

Plus fameuse encore que la Recea-Timavo est la Piuka, qui s'enfuit dansla grotte de l’ostoina (Arae Dostlmmii) ou d’Adelsberg, l’une des plus vastesde l’Europe eL des plus riches en stalactites; elle étonne surtout par sonCalvaire, colline de concrétions, au-dessus de laquelle se déroule une voûtede près d’un kilomètre de tour, et que hérissent d'innombrables obélisquessemblables aux clochetons d'une cathédrale. Après un cours souterraind’environ 10 kilomètres, la Piuka, qui s’était enfoncée en mugissant dansles galeries sonores de l'ostoina, reparaît à la lumière, puissante et calme,grossie de quelques torrents souterrains. Unie à El nz, elle reste visibledans un espace de quelques kilomètres et s'engouffre de nouveau pour nereparaître qu’à une faible distance en amont de l.aibaeh.

En autre affluent de l’L nz et de la rivière de Lai bac-h est le courantissu du fameux lac de Zirknitz, ce bassin à plusieurs étages qui faisait déjàl’étonnement des Domains et que Tasse a chanté : à l’époque des sécheresses,le niveau de l’eau s'abaisse au-dessous de la voûte perforée qui forme la vasque-supérieure; après les longues pluies, l’eau de crue, montant des gouffres durez-de-chaussée, envahit les étages d’en haut et s’étale à la lumière. 11 estarrivé, dit-on, (pie la grande plaine, d’une superficie d'environ 80 kilomètrescarrés, s’est trouvée complètement à sec; autrefois, lorsque les travaux d’as-sainissement 11 ’avaient pas encore été entrepris, la campagne était aussi, àcertaines époques, un vaste lac, une vraie mer des Alpes , reflétant dans seseaux tout un amphithéâtre de rochers et la Hère montagne de Javornik, à

1 Joseph Wessek, Uns Kantpebiel Militâr-kroatiuis.