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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

race la plus importante du pays, celle qui par la force de l’épée, aussiLien que par l'influence de la langue, des institutions et des mœurs, a de-puis des siècles la prépondérance dans la région des Carpales, occupe lagrande plaine sur les deux rives du Danube , et les autres populations sontréparties sur le pourtour de manière à graviter vers la nationalité domi-nante par tous leurs intérêts matériels. Aussi, malgré les invasions et lesguerres, malgré les Laines nationales, les divers peuples de la Hongrie out-ils dù à la remarquable unité de leur territoire de rester presque toujoursgroupés, de force ou volontairement, sous le même régime politique. En-semble asservis par le Turc et plus tard par l'Autrichien , ils sont mainte-nant réunis en un seul Étal autonome, fier d’avoir reconquis les signes exté-rieurs de son indépendance. Quelles seront ses destinées prochaines? C’estavec anxiété que l’on attend le grand changement d’équilibre qui 11e peutmanquer d’avoir lieu dans l’Europe danubienne; mais quel que soit legroupement politique futur des populations de l’Orient, la nation établiedans l’immense arène qu’entourent les Carpates aura toujours la plus largepart d’inlluence dans le territoire conquis et défendu par elle. On a souventprétendu que l’empire du monde devait appartenir aux hommes de racearyenne et que les autres familles ethniques étaient destinées à subir lejoug : il est bon, pour l’avenir de l'humanité, qu’en Europe même, et dansune partie vitale du continent, ce soit précisément une nation non-aryenne, quoique fort apparentée aux autres Européens par les croisements,qui exerce le rôle principal. Aux orgueilleuses prétentions des Indo-Euro-péens, les .Magyars répondent par leur histoire. Ils ont eu de grandesdéfaillances; néanmoins quel est, parmi leurs voisins, celui qui osera sedire supérieur à eux par l’intelligence, la bravoure ou l’amour de laliberté?

Les Alpes ne contribuent que pour une faible part à former la grandeenceinte de la Hongrie . Des hauteurs qui dominent Vienne on aperçoit versl’est le profil des collines bleuâtres au delà desquelles pendant le moyen âgecommençait déjà le mystérieux Orient. Ces collines, appelées montagnes deLeitlia, du nom de la rivière qui en baigne la base occidentale, sont leprolongement des Alpes de Styrie , mais elles se présentent presque isolées :la vallée de la Vulka, des sables et des graviers, les séparent au sud de lachaîne calcaire des monts llozàlia, qui se rattachent au Semmering . Plu-sieurs autres chaînons de hauteurs, que séparent les uns des autres de petitsaflluents de la Raab ou liai)a et de la Mur, se relient également aux mas-sifs alpins de Styrie .

Au nord du Balaton, un massif distinct, le Bakony , bien séparé des