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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

centre que les gisements métallifères de toute espèce se présentent en plusgrand nombre. Là sont les fameuses mines d’or qui eurent tant d'impor-tance avant la découverte du Nouveau Monde; là se trouvent aussi îles veinesd’argent, de mercure, de fer et d’autres métaux. Les couches de sel gemmene se rencontrent guère dans la région montagneuse, mais on croit qu’elless’étendent en une formation continue au-dessous des tristes collines déboi-sées du Mezôség ou « Champagne 1 2, ondulant sur toute la partie centralede la Transylvanie, entre la vallée de la Szamos et celle de la Maros. Sitoute la zone superficielle de cette région venait à disparaître, 011 verraitla blanche mer de sel, reste de l’ancien golfe qui, lors de l’époque tertiaire,emplit ce bassin des Carpates . Six cents sources en jaillissent et révèlentpar leur salinité la nature des roches qu’elles ont traversées ; mais <;à et làces grandes assises de sel viennent affleurer à la surface, et les pluies leslavent et les sculptent en formes bizarres. A Parajd, dans la liante valléedu Kis lvükülld, affluent de la Maros, on voit même une véritable montagnede sel pur dont le dôme surbaissé n’a pas moins de sept kilomètres de tour,et qui dépasse deux fois eu volume la célèbre montagne saline de Cardona,en Catalogne 2 , fl y a quelques années, une falaise de sel qui surplombaitla rivière et que les eaux avaient sapée, s’écroula soudain : une niasse desel évaluée à ‘2,500 tonnes obstrua le lit du cours d’eau, qui cessa decouler pendant plusieurs jours 3 4 .

La région de coteaux et de petites montagnes qui domine au nord lesanciens lacs de la haute Aluta est très-rem ^ ’ ’e par les phéno-mènes de chimie dont on y est témoin. Là aussi les couches de sel sonttrès-rapprochées de la surface, et en beaucoup d’endroits les caves desmaisons sont creusées dans la couche saline. Dans le voisinage du BiidôsIlégy ou « Montagne Puante » s’étendent de vastes dépôts de soufre, et de sesrochers mêmes s’échappent par deux fissures des gaz sulfureux, que lesindigènes croient très-utiles pour la guérison de diverses maladies; maisles patients doivent y entrer et en sortir précipitamment, en retenant leurbaleine, de peur d’être étouffés L A Yafalva, l’acide carbonique s’échappedu sol en si grande abondance que les caves en sont remplies ; les terrassiersqui creusent le sol ont à faire grande attention pour 11e pas s’exposer à cesvapeurs mortelles. Les poussins qui se réfugient sous les ailes de leur mèresont toujours étouffés, si l’on n’a pas soin d’étendre des nattes au-dessous

1 Auguste de Gérando, La Transylvanie et ses habitants , t. II, p. 240,

4 Posepnv, Mittlicilungen der Geologischen Reichsanslall, 1871.

5 Boner, Transylcania, p. 578.

4 Auguste de Géraudo, La Transylvanie et ses habitants; — Buncr, Transylvuma.