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Livre III. L'Europe Centrale.
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TISZ.V ET DAM'lîE, PORTES I)E FER.

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l>ar une séritî de rapides et s’engage dans le passage dangereux de G reben,parsemé d’énormes récifs de porphyre et de bancs de quartz micacé ;lors des basses eaux, les canaux navigables ont à peine 4 mètres de lar-geur dans celte « Petite Porte de Fer », quoique l’ensemble du lit ait tou-jours plusieurs centaines de mètres. Au delà, le ileuve s’élargit de nouveaupour former le bassin de Milanovatz, où il a, sur un point, plus de 1,400mètres entre les deux rives; plus bas une muraille de rochers semble barrercomplètement le cours des eaux : on cherche du regard le défilé qui lesreçoit et on se demande où elles peuvent passer, lorsque, à un brusquedétour, on les voit pénétrer dans une gorge pareille à une large fente ou-verte dans la montagne : c’est la gorge de Kasan .

f.à h'fleuve, soudain réduit à 150 mètres de largeur, est encaissé entrede formidables parois verticales bordées à leur arête supérieure d’unefrange de verdure. Des cavernes où nichent les aigles, s’ouvrent çà et làdans les murailles calcaires, de petits talus d’éboulcment, plongeant dedroite et de gauche dans les eaux profondes de 40 et même 50 mètres, ré-trécissent encore le lit et donnent plus de puissance au formidable courant.En maints endroits, la roche tombe à pic et n’offre pas même une saillieoù le voyageur puisse poser son pied. Et pourtant deux routes longent lefleuve : celle de la rive hongroise est une œuvre moderne, fameuse à bondroit dans tout l’Orient par la hardiesse de ses ponts et de ses viaducs; lechemin de la rive serbienne, plus modeste, est une simple voie de lialage,mais il a fallu sur plusieurs points l’évider en entier dans le roc surplom-bant. Une célèbre inscription romaine, qui date de l’an 100, rappelle lagloire de Trajan , « vainqueur des montagnes et du fleuve ». Les trois pre-mières lignes en sont absolument authentiques : les trois dernières ont étérestituées ‘.

En aval de la petite ville hongroise d’Orsova et d’un îlot fortifié quifurent souvent l’enjeu de guerres sanglantes entre musulmans et chrétiens, lefleuve, large de 1,500 et de 1,600 mètres, passe sur un autre seuil de récifs,celui de la « Grande Porte de Fer », la redoutable entrée de la Roumanie .Ici la nature est moins sauvage que dans le défilé de Kasan ; les montagnesdes deux rives ne s’y dressent point en parois verticales, et même celles dela Serbie sont revêtues de forêts. Toutefois ce n’est pas à la beauté gran-diose de ses bords, mais bien à ses bancs de dangereux écueils que la Portede Fer doit la célébrité de son nom. C’est l’endroit le plus dangereux duDanube , non-seulement des embarcations à rames et à voiles, mais aussi

1 Ernest Desjardins , Notes manuscrites