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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

de mètres ; plus à l’esl, il faut creuser jusqu’à 20, 50 mètres et davantage.Debreczen repose sur une couche de terrains de transport d’une épaisseurde 80 mètres. Dans le Banat , la sonde est descendue jusqu’à plus de150 mètres sans atteindre les roches de l’ancien lit. 11 est probable que, surun espace d’environ 100,000 kilomètres carrés, la profondeur moyenne desalluvions est au moins d’une centaine de mètres. Qu’on se représentel'énorme cube de débris que les eaux ont dù arracher aux pentes des Alpes et des Carpates pour former le sol de la Hongrie ! Et tous ces fragments demontagnes ont été si parfaitement menuisés, que loin des routes et desvilles on chercherait vainement un caillou dans le sol. Dans les nombreuxmonticules funéraires qui longent les rives de la Tisza et de ses affluents,on trouve à peine quelques instruments de pierre; les armes et les outilssont presque tous en os de bison ou en bois de cerf 1 .

Depuis longtemps le bassin occidental, compris entre les deux portessupérieures du Danube, celles de Presbourg et de Visegrad , a perdu sa phy-sionomie première ; au nord du Ueuvc, ses campagnes sont recouvertes enentier de riches cultures qui lui ont valu le nom de « Jardin d’Or »; danscette plaine féconde, d’où l’on aperçoit de toutes parts un horizon de col-lines ou de montagnes, rien ne fait songer aux steppes de l’Orient, ni auxsavanes américaines. Mais la grande mésopotamic hongroise , arrosée par leDanube, la Tisza, la Maros , garde encore en partie son aspect primitif. LesMagyars distinguent ce bassin de tous les autres en lui réservant le nomd’Alfold ou « Terre-Basse », en opposition avec le Felfokl ou « Plateau ».C’est là le pays uni, sans ondulations, sans imprévu, qui présente partoutle même aspect monotone. Si ce n’est au pied des montagnes dont les pro-montoires s’avancent dans la plaine comme dans une mer, et qui se conti-nuent entre le Danube et la Tisza par un faîte ondulé, d’environ 00 mètresde hauteur, on ne remarque rien qui vienne rompre la ligne régulière de1 horizon; le sol est, il est vrai, légèrement incliné, mais d’une manièreimperceptible aux regards; seulement quelques dunes peu élevées, disposéespar le vent en longues rangées parallèles, occupent les régions sablonneuses,et çà et là se montrent des buttes arrondies ou « mottes des Koumanes, desTurcs, des Tartares, d Attila, des Sentinelles», que les indigènes disentavoir été élevées pendant les guerres. Plusieurs sont en effet d’origineartificielle et se dressaient dans les anciennes forêts, près des villages etdes campements 2 ; mais la plupart de ces buttes sont les restes des cou-ches supérieures de l’ancienne plaine nivelée par les eaux, des bitgors,

1 PuUzky, Congrès international d'anthropologie préhistorique de Iluda-Pest , 1876.

- Fr. vo:i Roemer, Congrès archéologique de Buda Pe:t, lt>76.