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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
mille sont les seuls indices qui trahissent l’origine de la population; encoreces noms ont-ils été fréquemment traduits en magyar et l’on croirait setrouver en présence de Hongrois, purs de tout mélange avec le « Német », siles documents bis ^ ne témoignaient du contraire.
On sait quelle terreur les Hongrois , que l'imagination populaire confon-dait avec les Huns d’autrefois, inspirèrent aux populations agricoles del’Europe occidentale. Passant comme un tourbillon sur leurs petits che-vaux nerveux, ils 11 e s’arrêtaient (pie pour massacrer et brûler, puis dis-paraissaient aussitôt : on 11 e savait s’ils étaient des hommes comme les au-tres. D’après le vieil historien Jornandès, les Huns descendaient des femmesque Filiiner, roi des Goths , chassa de son armée parce qu’elles entretenaientun commerce avec les démons. Les peuples de l’Europe occidentale qui, pen-dant une partie du moyen âge, eurent à subir les incursions des Magyars,propagèrent des légendes analogues pour jusliiier leur terreur. Pour eux,ces Hongrois, ces « Ogres », étaient en effet des êtres surnaturels, d’originediabolique. Une longue dent, semblable à la défense d’un sanglier, sortaitdu côté gauche de leur bouche; leur visage, disait-on, était couvert de cica-trices et de difformités provenant des morsures et des entailles qu’avaientfaites leurs mères pour les habituer à la douleur et les rendre terribles àvoir; ils aimaient à se nourrir de chair crue, à boire le sang qui jaillit enécumant des blessures; leur nom, répété par les nourrices dans lesheures de veillée, épouvante encore les petits enfants. 11 est en effet vrai que,pendant le premier siècle de leur séjour en Europe, les Hongrois , tiers deleur bravoure et de la terreur qu’on avait d’eux, aimaient à parcourirl’Europe en excursions de pillage. Franchissant la rivière d’Enns , qui futlongtemps leur frontière, ils ravageaient l’Allemagne , passaient mêmeles Alpes et le Rhin pour descendre en Italie et pénétrer en France ; en 957,011 les vit jusque dans les Ardennes, et c’est par la Bourgogne et les plaineslombardes qu’ils rentrèrent dans leur patrie. La vie du Magyar devait êtreune bataille incessante pour la domination ; mais après leur défaite d’Augs-bourg, en 955, l’esprit de conquête disparut et les Magyars se bornèrent àdéfendre leur terre. Dès le neuvième siècle, les sept tribus des Magyarss’étaient alliées en nation et avaient fait jurer à leurs chefs, sous peined’exclusion, de respecter leurs droits et de les revendiquer contre tous :c’est là ce que doit encore exprimer symboliquement le souverain de laHongrie , lorsque, du haut de la colline du couronnement, sur la place deBest, il brandit son épée vers les quatre points cardinaux : il défie ainsil’univers, comme le firent autrefois Attila , Djengiz-khan et Timour.
Toutefois, si les Magyars ont maintenu cette ancienne cérémonie guer-