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pendante, pleine de faits glorieux. Ils ont su se maintenir pendant dix siècles,non-seulement contre les peuples de souche différente, comme les Slaves etles Allemands, mais aussi contre les nations voisines auxquelles les ratta-chaient des liens de parenté. S'ils ont dû subir le joug des Turcs durant centcinquante années, si même ils ont été, en maintes circonstances, leurs alliéscontre l’Autriche , ils ne se sont point laissé entamer par eux et sont restésMagyars, et cependant ce sont eux qui avaient surtout à supporter le poidsdes guerres, car ils habitaient la plaine rase, sans lieu de refuge possible,et n’avaient pas de murs pour se protéger comme les citoyens des villesallemandes. En revanche, ils se sont graduellement assimilé des populationsoriginairement distinctes. Les mahométans ou, — d’après leur nom vulgaire,— les Ismaélites bulgares et chazares qui trafiquaient parmi les habitantsdu pays se sont peu à peu fondus dans la masse du peuple hongrois. LesPétchénègues, jadis vainqueurs des Magyars, furent à leur tour vaincus parles Koumanes et, vers le milieu du onzième siècle, ils demandèrent un asileà leurs voisins de la plaine hongroise ; maint village du nom de Besenyorappelle encore leur séjour en groupes distincts au milieu des Magyars, leurshôtes et leurs parents de race. Deux siècles plus tard, les Koumanes, presséspar les Mongols, se présentent également en suppliants, et des terres leursont assignées dans les districts montagneux du nord-ouest et dans la plainecentrale de l’Alfôld, où tout un vaste district s’appelle encore Roumanie (Kis-Ivunsag et Nagy-Ivunsàg, la Petite et la Grande) : en 1259, quarante milled’entre eux arrivent à la fois. Très-distincts des Hongrois par le langage,puisqu’ils appartenaient à la souche turque 1 , défendus en outre par lesprivilèges d’autonomie qui leur avaient été concédés, et devenus proprié-taires de territoires considérables, ils sont néanmoins devenus Magyars,ainsi que les autres immigrants de môme race, les Paloczes (Palôczok, enrusse Polovzi) et les Jazyges (Jaszok), et ne se distinguent plus que par lenom de leurs voisins de la plaine. Les Koumanes restés dans les steppesrusses furent réduits en esclavage par les Mongols et vendus dans toutesles contrées voisines. Les Mamelouks qui, de misérables captifs, finirentpar devenir les maîtres de l’Egypte , étaient pour la plupart des Koumanes,frères de ceux de la Hongrie 2 .
Les Allemands eux-mèmes, malgré leur prétendue supériorité aryenne,ont dû par centaines de milliers subir la « magyarisation ». Dans une foulede villages, peuplés jadis de colons venus de la Germanie, les noms de fa-
1 D’.Vvczac, Mémoires de la Société de Géographie , Paris , 1859, tome IV; — Sajous, Histoiregénérale des Hongrois, tome I ; — Paul Ihmfalvy, Ethnographie von Engarn, etc.
4 Castré», Etlmologische Yorlesungen ilber die altaischcn Volker.