MAGYARS ET ALLEMANDS.
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chancellerie, rédigé au com mencement du dix-septième siècle, donne pourmission à l'Autriche de « rendre la Hongrie catholique, allemande et misé-rable ». Le but fut atteint en partie, et chose étrange à dire, si les calvi-nistes et les luthériens de la contrée n’avaient été soutenus dans leurrésistance par les musulmams de Turquie , ils auraient été jusqu’au derniercontraints à l’abjuration, ai nsi que le furent les protestants tiroliens, sty-ricns et tchèques 1 . Du reste* les souvenirs des haines religieuses ont presqueentièrement disparu en llomgrie : il est peu de contrées en Europe où lesdiverses confessions aient plus de tolérance religieuse à l’égard les unes desautres. Au point de vue de l’histoire contemporaine et des destinées futuresde la Hongrie , les différences de langue et de nationalité ont une bienautre importance que les différences religieuses. La grande question poli-tique à résoudre est celle de l’équilibre des races.
Après les Magyars, la race germanique est incontestablement la race laplus importante de la Hongrie , non parle nombre, quoiqu’elle comprennedeux millions d’hommes, mais par l’industrie, le commerce, la civili-sation : « Les Magyars ont fondé l’État, mais ce sont les Allemands quiont fondé les villes 2 . » La société bourgeoise, entre le peuple et les nobles,a été presque entièrement leur œuvre ; lorsque les Juifs, bien moindres enproportion, n’étaient pas devenus les principaux intermédiaires du com-merce, ce sont les Allemands qui étaient les agents du trafic. Jadis leurs villesétaient eu relations constamles d’éebanges avec les cités banséatiques; dureste, ils étaient parfaitement accueillis ou môme conviés par les rois deHongrie , et dans un grandi nombre de chartes on leur donne poliment lenom d’IIôtes. La plupart (des villes qu’ils occupaient étaient librementadministrées par eux ; ils dépendaient directement du roi et n’avaient àpayer ni impôts, ni péages” ils pouvaient même s’unir en ligues et consti-tuer un État dans l’État : c’est ainsi que les vingt-quatre paroisses alle-mandes de la Sépasie ou pays de Szepes, au pied du Tâtra, formèrentau treizième siècle une grande fraternité politique. Les villes allemandesde la Transylvanie étaient groupées en nation, ayant des droits égaux àceux des Magyars et des Székely. Pest même, après avoir été un villageslave, ainsi que le nom l’imdique 3 , devint une ville presque exclusivementallemande; un Allemand sieul pouvait y être élu comme juge, et sur douzeconseillers, deux seulement étaient Magyars. Au milieu du quatorzième
’ Arthur Patterson, The Magyars„ their couniry and institutions , t. H, p. 97.
- Paul Hunfalvy, Ethnographie vom Ungarn .
5 Pest ou Petj a le même sens qiue l’allemand Ofen et signifiait probablement « Four à chaux »;seulement ce nom d’Ofen s’applique' maintenant à Bude ou à la « Nouvelle-Pest ». (Paul Hunfalvy ,Ethnographie von Ungarn, p. 281, 282).