Band 
Livre III. L'Europe Centrale.
Seite
342
JPEG-Download
 

NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

siècle, lorsque les Hongrois , devenus plus nombreux, nommèrent un jugede leur race, les Allemands, outrés de celte audace, jetèrent le malheureuxdans le Danube . Encore en 1086 les Magyars se plaignaient de ce quedans le corps municipal personne ne comprit leur langue, et il fallutnommer d’office un interprète qui put converser avec eux'.

Les populations germaniques de la Hongrie étaient jadis connues sousdivers noms, suivant leur pays d’origine. Les Ilienzen des comitats les plusrapprochés de Vienne, à l’ouest et au sud du lac de Neusiedl , sont des colonsvenus de l’Autriche voisine; les Ileidebauern, qui peuplent le territoirecompris entre le lac de Neusiedl et le Danube , sont d’origine alamanniqueet l’on cherche leur patrie aux bords du lac de Constance . Les mineursallemands des comitats du nord-ouest sont en majorité Saxons , tandisque les territoires du sud, longtemps occupés par les Turcs, ont été coloniséspar des paysans et des artisans souabes : ils arrivèrent en foule surtoutavant les guerres de la Révolution française , et l’immigration continuaitencore en 1829.

Par un singulier contraste, une masse assez compacte d’environ 200,DUOAllemands se trouve dans le voisinage immédiat des Székely, sur le pour-tour méridional du plateau transylvain. Ils habitent la haute plaine del’Ain la, dite Burzenland, autour de Brassé (en allemand Kronstadt ), et la ré-gion montueuse qui s’étend au nord deFogaras et de Nagy-Szeben (Ilermann-stadt) jusqu’à Medgycs (Mediascli) et Segesvàr (Scliassburg). On leur donnele nom de « Saxons », quoique le plus petit nombre de leurs ancêtres appar-tînt réellement à ce rameau de la souche allemande. La plupart des colonsque les rois de Hongrie appelèrent dans les campagnes transylvaines poury remplir les vides causés par la conquête, étaient originaires des Flandres etdes basses plaines rhénanes. Aux douzième et treizième siècles, les terriblesirruptions de la mer du Nord et les inondations des fleuves entraînaient leshabitants de cette partie du littoral dans un mouvement général de retraite,que les souverains de la Hongrie surent utiliser pour faire mettre en cul-ture les solitudes de leurs domaines. On pensait autrefois que le nom alle-mand de la Transylvanie, Siebenbürgen (Sept-Bourgs ou Sept-Montagnes),avait été donné à la contrée par les colons rhénans en souvenir du massifvolcanique, appelé Siebengebirge, qui domine le Rhin à son entrée dans lagrande plaine; mais il est beaucoup plus probable que ce nom de Sieben-bürgen est celui du château de Sibin (Siebenburg ), au pied duquel s’estbâtie la ville de Nagy-Szeben 2 . Les anciens forts qui s’élèvent çà et là dans

1 Josef Kortisi, Statistischcs Jahrbuch der Stadt Pest. 1875.

2 P,ml Hunfulvy, Ethnographie von Unrjarn.