NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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filles. D’ordinaire la paysanne esl vêtue de blanc : de là peut-être le nomde « sexe blanc » (biele poltlavic) que l’on donne aux femmes de la « Slo-vaquie h 1 ; mais en Hongrie on les appelle aussi féher ncp ou « peupleblanc », sans doute à cause de la fraîcheur de leur teint 5 .
Les cultivateurs slaves de cette partie de la Hongrie sont ceux qui ont leplus à souffrir de la misère. La nature a été parcimonieuse à leur égard, etle sol qu’ils travaillent ne produit pas assez pour les nourrir. Chaque an-née, des milliers d’entre eux sont obligés d’aller chercher leur gagne-painen pays étranger, comme terrassiers, manœuvres ou marchands. De mêmeque les Tiroliens, les Auvergnats et tant d’autres montagnards de l’Eu-rope , presque tous les Slovaques émigrants ont une spécialité propre àleur village : suivant les traditions de leur vallée, ils sont marchandsd’huiles essentielles, d’étoffes, de fromages, de moules, de seaux, de peignes,d’objets en bois de toute espèce. On remarque surtout parmi eux les fabri-cants de petits ouvrages en fil de fer. Ces industriels errants, pour la plu-part originaires du comitat de Trencsén, voyagent par groupes dans tontesles contrées de l’Allemagne et jusqu’en France ; ils aiment à se dire Magyarsà l’étranger, si ce n’est en Bohême, où ils sont très-bien accueillis en qua-lité de compatriotes slaves. Leur probité est à toute épreuve; ils savent aussipratiquer jusqu’aux limites du possible l’art de vivre de peu : c’est par desmerveilles d’économie et de renoncement qu’il parviennent à ramasser lesquelques pièces d’or avec lesquelles ils retournent triomphants dans leurpatrie.
Jusqu’à maintenant, les Slovaques n’ont eu qu’une faible part au gouver-nement de la contrée ; mais parmi les nations de la Hongrie ils formentun groupe de plus en plus compacte. Au dix-septième siècle, ils étaient peunombreux; de nos jours ils sont près de deux millions, et beaucoup de villeset de districts occupés jadis par des Allemands et des Hongrois leur appar-tiennent désormais. 11 est vrai que l’extension de leur domaine est due enpartie au gouvernement autrichien, qui chassa les Allemands protestantsdes villes minières de la Haute Hongrie et du comitat de Szepes pour donnerle sol aux Slovaques c ” ^ues, mais ceux-ci gagnent aussi naturellementpar le rapide accroissement de leurs familles. En exemple des envahissementsde leur race, on cite les villages de Dettva et de Dettva-IIuta, dans le comitatde Zôlyom, qui contiennent ensemble plus de 12,000 habitants, et qui ontcommencé par une simple clairière pratiquée dans la forêt. C’est le bourgde Ti'irocz-Szent-Marton qui peut être considéré comme leur centre littéraire.
1 Sasineck, Die Slovaken.
4 Attila de Gérando; Notes manuscrites.