ALLEMANDS ET SLOVAQUES.
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et valets de ferme, ils se germanisent facilement; les Serbes, plus âpres decaractère, veulent résister à l’inlluence du maître : ils cèdent pourtant,et l’on ne cite pas un seul village qu’ils aient conquis récemment à leurlangue, tandis que plusieurs sont devenus germains
Beaucoup plus nombreux que les Allemands, un peu plus même queles Magyars, les Slaves de Hongrie appartiennent à divers groupes natio-naux n’babitant pas des contrées contiguës. Les Slovaques, les représen-tants les plus nombreux de la race slave sur le territoire hongrois, peu-plent en masses compactes toute la région nord-occidentale du territoireentre le Danube et le Tatra ; ils possèdent aussi quelques enclaves dans laplaine hongroise , et même au sud du grand fleuve, dans les montagnes dePilis, se trouvent des villages de Slovaques ; mais dans le sud de la Hon-grie et sur le plateau transylvain cette nation n’est représentée que par desindividus isolés. Les Slovaques se rattachent aux Tchèques et aux Moravesqui occupent le versant opposé des Petites Carpates et des Beskides, et con-stituent avec eux une même province ethnologique. Leur dialecte est assezrapproché de la langue tchèque pour qu’il soit possible de se faire compren-dre d’eux sans difficulté en leur parlant le pur idiome de Prague . D’ail-leurs le tchèque était jadis universellement employé comme la langue del’église et de l’école; aussi lui donnait-on le nom de « langue biblique ».Récemment encore, presque tous les écrivains d’origine slovaque se ser-vaient de l’idiome de Bohême pour leurs écrits : c’est en 1850 seulementque le slovaque, fixé par la grammaire de Martin Hattala , s’est complète-ment émancipé du tchèque comme langage littéraire. 11 se distingue sur-tout par un grand nombre de diphthongues et par le trésor de vieux motsqu’il a conservé 2 . On a souvent répété que les Slovaques avaient été leséducateurs des Magyars, au moyen âge, en leur enseignant l’agriculture etles arts de la paix; mais ce rôle fut rempli par les Slovènes de la rive méri-dionale du Danube, qui depuis longtemps ont oublié leur idiome et se sontmêlés avec des Magyars.
Les Slovaques sont aussi bien doués physiquement que leurs frères de lavallée de l’Elbe; en général, grands, robustes, bien faits, agréables defigure, ils ont la tète moins forte que celle des Tchèques, mais leur frontest large et découvert, bien encadré d’une chevelure abondante. Ils ontencore presque partout gardé leur costume national, qui leur sied fort-bien : la chemise blanche, la veste ou la jaquette rouge, les pantalons oula robe bleue, tels sont les habits de fête des jeunes gens et des jeunes
' Paul llunfnlvy, Ethnographie von Engarn.
- Sasineck, Die Slovakcnni.
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