SLAVES ET ROUMAINS.
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forment le centre. Plus de deux millions et demi de Roumains vivent dansla partie hongroise de ce vaste cercle. C’est que peu de nations ont empiétéplus rapidement que celle des Roumains sur les peuples voisins. Les mil-liers de Yalaqucs refoulés par les Koumanes, puis par les Turcs, sur leversant septentrional des Alpes transylvaines, ont multiplié de manière àdevenir la race prépondérante : les Slaves ont complètement disparu en sefondant avec les envahisseurs roumains et n’ont laissé d’autre trace de leurséjour que les noms des montagnes, des fleuves et des villes; les Magyars, lesSzékely et les Allemands ont résisté au flot montant des Yalaqucs; mais lesstatistiques du dernier siècle, comparées aux recensements les plus récents,prouvent que, de toutes les nations de la Transylvanie , celle qui a de beau-coup la plus grande importance est précisément celle qui, juridiquement,n’était pas même nommée avant le milieu du siècle, mais que l’on comptaitavec les Magyars, ses nobles étant rangés parmi les membres de la noblessehongroise
Dans les districts où les jeunes Roumains émigrent comme bergersou comme valets de ferme, ils sont bien obligés d’apprendre l’idiomede celui qui les paye; mais dès qu’ils arrivent en familles dans quel-que village serbe de la Hongrie , les éléments de population commen-cent à se grouper à nouveau et il se produit un mouvement continu de« roumanisation ». Un faubourg grandissant de Yalaqucs s’ajoute au quar-tier qu’habitent les autres races et souvent linit par se l’agréger. C’estainsi que le district de Temesvâr , jadis peuplé presque exclusivement deSerbes et d’Allemands, contient de nos jours un nombre beaucoup plusconsidérable de Roumains. Comme pour éviter d’être noyés dans la popu-lation valaque, les habitants slaves se déplacent peu à peu vers l’ouest, dansle district de Nagy-Kikinda et de l’autre côté de la Tisza . Les bulgares catho-liques du banat de Temesvâr sont presque entièrement roumanisés, et lesSerbes de plusieurs districts, tout en se rappelant leur langue, parlent entreeux le roumain. Quoique pacifique et douce, nulle race n’est donc plusenvahissante que celle des Roumains ; plus puissante qu’une armée de con-quérants, une petite colonie d’agriculteurs vainques suffit en maints endroitspour changer peu à peu la nationalité de populations entières.
Ce phénomène ethnologique a sans doute pour cause principale le labeurdes Roumains comme paysans et journaliers; mais on dit qu’il provient
1 Population de la Transylvanie , avec classement approximatif des races :
Roumains . Székely et Magyars. Allemands. Juifs. Total.
En 1761, d’après Benko. 547,250 202,000 150,500 (?) 959,750
Un 1S77 . 1,275 000 025.000 210,000 17,000 2,127,000