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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

aussi en partie d’un défaut des Roumains, celui de ne pouvoir ni vouloirapprendre de langues étrangères. En contact avec des Magyars ou des Slaves,le Roumain se gardera bien de faire le moindre effort pour causer avec sesvoisins quand il n’y est point obligé; c’est aux autres à essayer de parler salangue, s’ils veulent se faire comprendre de lui. Ils cèdent en effet, etbientôt l’idiome valaquc devient la langue de conversation générale, non-seulement entre les Roumains et les populations de race différente, maisencore entre les Slaves et les Allemands 1 . En outre, les mêmes vertusqui favorisent les empiétements des Italiens en Tirol aident les progrès desRoumains sur les bords du Danube . Même pendant les temps de misère,ils savent patienter, ils subissent facilement la faim dans l’espérance demeilleurs jours, puis quand la disette est passée, ils ont le cliamp libre,leurs voisins serbes sont partis. Par leur grâce naturelle et leur beauté, lesfemmes valaques sont aussi des agents irrésistibles pour l’assimilation desraces voisines. Ainsi que le dit un proverbe de la Serbie : « Dès qu’uneValaquc est entrée, toute la maison devient valaquc. » Or les jeunes Slavesde religion grecque les demandent fréquemment en mariage de préférenceà leurs compatriotes, d’autant plus qu’il leur suffit alors d’une sommemoins forte pour acheter leurs fiancées. Il est encore certains districts de laHongrie où le marché du mariage se fait publiquement avec la naïveté desanciens jours. A Topanlalva, dans le haut bassin de l’Aranyos, les jeunesgens accourent de plusieurs lieues à la « foire aux filles ;>, qui se tienten juillet, le jour consacré aux patrons saint Pierre et saint Paul. Elles sontlà par centaines, jeunes et vieilles, belles et laides, en compagnie de leursparents et dû leurs amis, couvertes de leurs atours, assises sur leurs coffresde vêtements, ayant même tout auprès le bétail qui leur est accordé en dot.Le notaire est campé sous un arbre, attendant le moment de rédiger lescontrats. On a compté jusqu'à 140 fiançailles dans une seule foire. Chezles Székely magyars de la frontière moldave, les exemples ne sont pas raresde ventes directes de jeunes filles faites à des marchands par les parentseux-mêmes. Récemment, il ne se passait point d’années que les douaniersn’arrêtassent à la frontière de ces denrées vivantes, payées aux vendeurscinquante ou cent francs la pièce. On rencontre des filles de Székely jusquedans les harems de l’Asie .

Chose remarquable, c’est en J 848 seulement que, sous l'influence desévénements politiques, les Roumains de plusieurs parties de la Hongrie , etnotamment du Ranat, sont arrivés à la conscience de leur nationalité. Ils ne

Paul Hunfalvy , Ethnographie von Eiujarn.