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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

Le talenl musical des Tsiganes est sans doute la principale cause qui, pen-dant les siècles de barbarie, a si bien disposé les Magyars en leur laveur etqui leur a valu les joies de la libre vie errante. Sans la musique des Tsi-ganes il n’est pas de bonne fêle populaire en Hongrie . Ce sont eux qui ontconservé les vieux airs nationaux des Magyars et qui ont alimenté par lamusique, en dépit de la police autrichienne, la ilamme de l'enthousiasmemagyar. Le petit Tsigane devient musicien presque sans étude. En passantdevant une maison, il surprend un air de flûte ou de piano, et le voiciqui reproduit à l’instant la mélodie sur le violon, le violoncelle ou le,czimbalom ; il en est maître désormais et va le répéter dans les l'êtes. 11n’est guère de villages où l’on ne rencontre de ces musiciens nomades, quel’État néglige d’envoyer à l’école, mais qu’il n’oublie pas, le temps venu,d’enrôler pour le service militaire. D’ailleurs il faut se garder de croireà une différence absolue des races entre ces Bohémiens errants et lesautres populations de la contrée;; s’il en est de presque noirs, il en estaussi quelques-uns de tout à fait blancs, ne différant guère que par legenre de vie des Roumains, des Serbes ou des Magyars; par des croise-ments à l’infini, ils représentent toutes les nations de la Hongrie ; cepen-dant la plupart se reconnaissent facilement à l’expression de leurs traits etau feu sombre de leurs veux.

Pour énumérer d’une manière complète les colons de la Hongrie , ilfaudrait citer aussi les Français Lorrains, qui fondèrent au siècle dernierSaint-Hubert (Nagy Oroszi), Charleville (Kis Oroszi) et Seultour (KisOroszin), près de Nagy-Kikinda , les Italiens de Mercyville, les Espagnolsde Nue va Barcelona; mais ces colons se sont complètement fondus dansla population qui les entourait. Évaluer, même en nombres approxima-tifs, les proportions réelles des diverses races qui peuplent la Hongrie , estimpossible, puisque plusieurs d’entre elles ont désappris leur idiome : onne peut classer les diverses nations de la contrée que d’après leur langue,et même, dans ce travail, on se heurte à de grandes difficultés. L’esprit departi, le faux patriotisme ont entraîné les statisticiens à des exagérationscontradictoires, suivant la race à laquelle ils appartiennent. Les évaluationsvarient du simple au double. Cependant il est bon d’ajouter que si les Ma-gyars, comme les Allemands, les Roumains et les Serbes, exagèrent souventla valeur numérique de leur race, ils sont loin de compter tous ceux qui,parmi les autres nationalités, prétendent au titre de Hongrois . Ils ont leprestige de la domination : il est donc tout naturel que les adorateurs dela force et les nombreux chercheurs de places se réclament de leur nom;mais il en est aussi qui, tout en appartenant à d’autres races, veulent se