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c’est encore presque toujours à un Juif que passent ses propriétés obérées.Quelques Israélites, très-habiles spéculateurs, font gérer leurs domainesavec soin; mais un grand nombre, surtout en Transylvanie , louent la terreaux paysans mêmes qu’ils ont ruinés, et l’ancienne méthode d’exploitationcontinue avec plus de désordre encore.
L’Arménien, que l’on a souvent comparé au Juif, ne lui ressembleque par son amour pour le commerce de l’argent et par son attachementà la foi religieuse qui en fait une nation. En Hongrie , il n’essaye pas detous les commerces, ne pratique pas tous les métiers. 11 observe avecsolennité les anciennes traditions de négoce; après ses voyages, il aime àrevenir aux colonies de commerce qui lui ont été assignées, il y a deuxsiècles, lors de son immigration en Transylvanie , Szamos-Ujvàr (Àrmeno-pcdis) et Ebesfalva (Elisabetopolis). Il n’est pas nomade, omniprésentcomme le Juif. D’ailleurs l’élément arménien, ne se recrutant plus dans lamère-patrie, diminue peu à peu, absorbé par la population magyare . Peud’Arméniens connaissent la langue de leurs aïeux, et ceux qui la parlentont dû l’étudier comme une langue morte.
De même que les Arméniens, les Tsiganes indous, qui complètent labigarrure des nationalités de la Hongrie , ont trouvé dans les vallées des Car-pales et la plaine du Danube une terre hospitalière : c’est là qu'est eu Eu-rope leur centre géographique. Le pays des Magyars est une des contrées oùles Tsiganes ont eu le moins à souffrir de l’oppression. Dès le quinzième siè-cle, ils jouissaient de certaines libertés et formaient dans le pays des espècesde républiques itinérantes. Dans chaque comitat, ils élisaient eux-mêmesleurs chefs ou juges, connus dans le latin barbare de l’époque sous le nomd’aj/i/es. Le voïvode des peuplades errantes était désigné par le palatin, et,comme les magnats hongrois , portait le titre d ’egregius ou celui de magiti-ficus. Vers la fin du dix-huitième siècle, Marie-Thérèse et Joseph II , lesouverain philosophe, voulurent civiliser de force les Tsiganes en les obli-geant à cultiver le sol, en leur interdisant le port de leur costume etmême l’usage de leur langue. En dépit des règlements, quelques groupesont conservé leur idiome et leurs traditions; mais la plupart parlentcomme le peuple avec lequel ils vivent. Un grand nombre d’entre eux, deve-nus possesseurs de leurs champs, ont fini par se livrer à l’agriculture avecle même zèle que leurs voisins, et n’ont plus rien des habitudes nomade*de leurs ancêtres. On donne en général le nom de « Nouveaux Paysans »à ces cultivateurs tsiganes. Il en est aussi qui, sans avoir de terres, conti-nuent de travailler sur le même domaine, attachés à la glèbe par la misèreet la force de l’usage.