NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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ploient qu’à tenir plus chaudement les abords de leurs cabanes. Encoretout récemment, en l'année 1<S75, époque des ravages du choléra, de véri-tables collines de fumier, produit de quelques milliers de bœufs engraissesdans les distilleries, s’élevaient aux alentours de Pesl. Pour s’en debarrasser,on ne trouva pas de meilleur moyen (pic d’en jeter une partie dans le Da-nube et de brûler le reste au moyen de cinq grands fours constammentallumés. De semblables folies expliquent comment le rendement moyen enblé des terres de la Hongrie est très-inférieur à celui des campagnes deFrance et surtout d’Angleterre : on y évalue à 10 hectolitres en moyennela récolte d’un hectare 1 .
Néanmoins de grands progrès se sont accomplis récemment dans l’agri-culture hongroise . Plusieurs domaines des magnats ont été divisés et,comme en France , la prospérité des paysans s’est accrue à mesure ques’accroissait le nombre des propriétés moyennes; en même temps le bri-gandage disparaissait : devenu cultivateur pour son propre compte, lecampagnard n’était plus tenté de se faire voleur de grand chemin 2 . Enplusieurs districts, la face du pays a été complètement changée : des ca-naux rectilignes bordent les champs et en reçoivent les eaux surabondantes,des chemins empierrés traversent les propriétés, des rideaux d’acacias ar-rêtent la force du vent. C’est par centaines de millions que ces arbres utilesverdoient dans l’antique puszta. Même les dunes, jadis mobiles, qui recou-vrent quelques régions de la basse Hongrie , occupant en un seul massif plusde 50,000 hectares au nord du Danube, entre Pancsova et Baziâs, ont étéfixées par des plantations d’acacias, dont les troncs, à demi cassés et tressésles uns avec les autres, n’en continuent pas moins de végéter en formantune infranchissable barrière aux flots du sable mouvant.
Mais tandis que la plaine se reboise, on dévaste à outrance les grandesforêts de la montagne, qui couvraient un tiers du territoire. Les facilitésde transport qu’offrent maintenant les chemins de fer et les « raccourcis »des fleuves ont permis à des spéculateurs de l’Occident d’acheter dans lesCarpates d'immenses forêts de chênes, de hêtres, de pins, et de les exploiterà blanc; ils ne laissent derrière eux que la roche nue ou de misérablestaillis. Depuis longtemps déjà toute la région centrale de la Transylvanie ou « Pays des Forêts », la Mez.oség, c’est-à-dire la « Campagne » par excel-lence, est absolument dépourvue d’arbres : les routes n’y sont bordées quede chardons poudreux.
C’est en partie le manque de combustible qui a diminué l’importance
1 Rendement moyen en France : 18 hectolitres et demi.
4 Henry Wiener, Revue scientifique, G février 1874.