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Livre III. L'Europe Centrale.
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AGRICULTURE DE LA HONGRIE .

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vantages, comparée à celle des contrées de l’Europe occidentale. Le climatextrême et changeant fait de l’exploitation du sol un véritable jeu de hasard;bien plus qu en L rance ou en Italie , le campagnard est à la merci des capricesdu temps. Si les pluies et les sécheresses n’entravent pas le développementde la végétation, il se plaint de l’embarras des richesses; qu’il se donne aucontraire beaucoup de peine, à quoi lui servira tout son travail, si pen-dant des mois entiers il ne tombe pas une goutte d’eau, ou si le vent dessteppes russes vient à souffler en tourbillons et à briser les plantes! Rienn’est sur tant que la récolte n’est pas engrangée 1 . De là probablementcette insouciance apparente, ce fatalisme oriental que l’on remarque chezles paysans magyars et roumains, et (pie l’on attribuait souvent à l’in-fluence des Osmanlis, les anciens maîtres du pays. Quand la disette séviten Iransylvanie depuis des mois et même des années, quand le malheu-reux \alaque, réduit à quelques bouchées de malaï ou pâte grossière demaïs, voit ses enfants crier la faim, il n’en garde pas moins son étonnanteplacidité.

In des malheurs de l’agriculture hongroise est la déplorable répar-tition du sol. De vastes domaines sont encore des propriétés de main-morte; d’autres sont tellement grands que le possesseur ne les a jamaisparcourus : ce sont des régions ayant en superficie des centaines de kilo-mètres carrés. La petite propriété n’occupe pas même un tiers du territoire,et se compose surtout de parcelles trop peu considérables; la propriétémoyenne, où se font d’ordinaire les grands progrès, n’est que très-faible-ment représentée en Hongrie 2 . Les immenses terrains des grands proprié-taires sont en général fort mal cultivés et produisent à peine de 5 à0 francs par hectare. Le domaine de l’État hongrois, qui comprend uneétendue d’environ 25,000 hectares, est encore moins productif; en 1870,il donnait un revenu évalué à l fr. 56 cent, par hectare : tel est le ren-dement de terres qui comptent parmi les plus fertiles de l’Europe . Quoiquemieux utilisés, les champs de la petite noblesse sont aussi on un tristeétat de culture : dans la plus grande partie de la plaine hongroise et duplateau transylvain, l’exploitation du sol es ' s une sorte de pillage.Des populations entières ignorent l’usage des engrais et ne les em-

1 Dilz, Die Ungarische Lanchvirthschaft.

- Division de la propriété en Hongrie-Transylvanie en 1870 :

Petits propriétaires ayant moins de 5 arpents (2 hect. 88) 1,444.400» » de 5 à 50 arpents (17 hect. 55) 905,710

Propriétaires ayant de 50 à 1,000 arpents (577 hect. 6) . . .

» de 1,000 à 10,000 » (5,776 hect.) . . .

» plus de 10.000 » .

2,548,110 ; 52,5 p. 100 du sol.

152.729; 28,65,195 ; 50,0 »

251 ; 8,5

ni.

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