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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
cités du Danube et des Carpates de leur physionomie originale. Toutefoisla transformation sera lente, car il est plus facile d’adopler de nouveauxcostumes et de changer les culLures que de reconstruire les habitations.
Jadis toutes les villes de la plaine hongroise n’étaient que de grands vil-lages, n’ayant aucun des traits qu’offrent nos cités compactes de l’Occident .On les divisait en trois catégories, suivant le nombre de leurs habitants cl.les privilèges qui leur avaient été octroyés ou qu’elles avaient conquis; maisleur aspect général était partout le même : « libres cités royales », « bourgsde marchés », ou villages, étaient également d’énormes agglomérationsde petites maisons basses, séparées les unes des autres par de larges rues,des cours, des jardins et des mares. On a cru voir dans celte dispositiondes villes de Hongrie une trace de la vie nomade des ancêtres. Les maisonsde briques, sans étage supérieur et sans porte s’ouvrant, directement surla rue, couvertes d’argile blanchie à la chaux, figurent des rangées detentes; les avenues droites et régulières qui séparent ces maisonnettes,toutes construites sur le même plan, rappellent les allées d’un camp oùles cavaliers peuvent à l’aise faire leurs évolutions. Au centre du village,là où flottait autrefois le pavillon des chefs, s’élèvent les édifices civils etreligieux qui appartiennent à toute la communauté 1 . Il semble très-étrangeque, lors des grandes invasions turques, les paysans magyars n’aient pas eul’idée de s’entourer de hautes murailles, comme le faisaient les Saxons deTransylvanie , ou d’élever des remparts circulaires pareils à ceux qu’avaientautrefois construits les Avares; mais leurs mœurs de race s’y refusaient,dit-on, et du reste, leurs demeures ne renfermant rien de précieux, il leurétait facile de se déplacer; ils continuèrent donc de vivre dans la campagnerase, en de grosses bourgades ne différant des villages ordinaires que parle nombre des maisons.
Il est possible que l’ancien instinct nomade soit pour quelque chose dansla disposition générale que les Magyars ont donnée à leurs grandes agglo-mérations; mais il ne faut pas perdre de vue que, dans l’Alfôld, les villagesserbes, slovaques, roumains, ne diffèrent point des faluk magyars par legenre de construction, et que dans mainte contrée dont les conditions géo-graphiques sont analogues, on retrouve aussi des bourgades du même genre.C’est ainsi que dans les Landes françaises, dont les habitants ne sont pour-tant pas considérés comme les descendants de cavaliers nomades, nombrede villages ressemblent parfaitement à ceux de la grande plaine magvare.Il en est de même aux États-Unis , dans les prairies de l’Ouest : là, des colons