RUTIIÈNES ET JUIFS.
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poëtos, ils ont un sons profond pour les sentiments de la famille et lesimpressions de la nature; très-portés vers la musique, ils ont des chantspour toutes les circonstances de la vie, et surtout dans la montagne, deslégendes pour tous les grands arhres, pour tous les rochers de formebizarre. On les dit bienveillants, hospitaliers, serviables, mais ' anlset sans foi, capricieux, esclaves de leurs passions. On affirme, aussiqu’à l’exception des Ilouz.oules ils sont physiquement faibles et débiles, quoi-que assez, fortement construits; mais il est possible que cette faiblessecorporelle soit tout simplement un effet de leur misère, qui est grande;peut-être aussi provient-elle en partie de la rigueur des jeûnes imposés parl’Eglise grecque et scrupuleusement observés.
En Bukovine , comme en Galieie, la population prépondérante est celledesRuthènes; mais elle ne l’emporte que faiblement sur les Roumains. Ily a un siècle, lorsque la Bukovine appartenait encore à la Moldavie , la ma-jorité des habitants, qui depuis celte époque ont plus que septuplé 1 , étaitde langue roumaine; même ceux dont l’origine était slave se confondaientgraduellement avec les Moldaves; mais le changement de régime politiquea eu pour conséquence de repousser peu à peu l’élément latin vers le midiet de donner aux Slaves la supériorité du nombre. Les Roumains, partoutailleurs si envahissants, ont dû céder en Bukovine sous la pression des po-pulations rulhènes. D’ailleurs cette contrée, si peu étendue qu’elle soit,n’en est pas moins une des régions de l’Europe oû les représentants du plusgrand nombre de races se rencontrent en groupes entremêlés. Dix nationsdiverses se partagent ces vallées supérieures du Prulh et du Sereth. Des co-lonies de Polonais ont immigré dans le pays à la suite des Rulhènes ; desSzékcly magyars n’ont eu qu’à traverser les Carpates pour s’établir çà etlà dans les campagnes qui se trouvaient à leur convenance; des Tchèquesont été amenés comme mineurs en Bukovine , et s’y sont fixés d’une manièrepermanente; des Allemands , en grand nombre, ont fondé des villages agri-coles ou miniers, surtout du temps de Joseph II. Quelques milliers de Russes ,appartenant à la secte desLipovaus ou Eilipones, ont dû se réfugier dans lepays pour obéir à leur foi. De même des Arméniens, venus dès le onzièmesiècle, et renforcés plus tard par de nombreux coreligionnaires, se sontgroupés en communautés prospères à Czernowitz , à Suczawa et dans plusieursautres villes. A ces diverses populations de la Bukovine , il faut ajouter encorel’inévitable Juif, intermédiaire nécessaire du commerce dans tout l’Orientslave, et le Tsigane errant, qui dresse sa tente dans la clairière de la forêt.