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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

En Bukovine on ne pratique pas moins de huit cultes différents; mais lareligion dominante est la religion grecque, celle de presque tout l’Orientslave. Czernowilz est le siège du patriarche placé à lai tète de toute l’Églisegrecque de 1’Austro-IIongrie.

De tous les éléments de population, celui qui s’aiccroît avec le plus derapidité, en Bukovine et en Galicie , comme dans les pays tchèques etdans toutes les provinces austro -hongroises, est l’éléhiient israélite. Avant1848, lorsque les Juifs étaient encore opprimés par la coutume et par leslois, ils augmentaient en nombre; maintenant leurs (familles, toujours très-riches en enfants et protégées contre la débauche pair une morale sévère,essaiment bien plus vite encore et deviennent graduellement maîtresses dupays. Près de la moitié de tous les Juifs autrichiens habitent la Galicie etla Bukovine; or, comme la plupart de leurs coreligiomnaires de Pologne etde Bussie se trouvent précisément massés dans les districts limitrophes, onpeut vraiment considérer cette région centrale de l’Europe , bien plus quela Palestine ou toute autre contrée du monde, comme le pays juif par excel-lence. C’est le milieu de la toile dont l’araignée a tendu le fin réseau sur

tout le continent.

On comprend sans peine que ces multitudes d’israiélites sans patrie, sansattache directe avec le sol et les populations indigènes, d’ailleurs presquetoujours disposées à professer l’opinion qui rapporte', c’est-à-dire celle desmaîtres politiques, sont une grande cause d’affaiblissement pour le partide l’autonomie polonaise ou ruthène. A Lwôw, capita le de la Galicie , à Cra-covie, à Bzeszôw et en d’autres grandes villes, les Juifs sont déjà plus du tiersde la population; à Brody, à Drochobicz, ils sont en maijorité ; il n’est pas deville où on'ne les rencontre en foule, portant encore l’ancien costume : lon-gue houppelande, grandes hottes, chapeau à larges aile;s ombrageant la mèchede cheveux bouclés qui se balance sur leur joue. Là 1 même où ils sont re-lativement peu nombreux, ils réussissent à monopoliser tout le mouvementdes échanges, plus encore par leur esprit desolidarité que par leur finesseet leur entente des affaires. Pourtant une secte de Jui fs, que l’on dit d’ori-gine tarlare, mais qui prétend descendre exclusivement de la tribu deJuda, diminue constamment et semble devoir dispiaraître bientôt : c’estla secte des Karaïtes. Elle ne reconnaît point le Talimnd et s’en tient à laBible et aux traditions. Les mariages entre cousins , continués de siècleen siècle, auraient réduit cette tribu à une cinquantaine de familles.Quoi qu’il en soit, la plupart des Karaïtes, différant à cet égard de presquetous les autres Juifs, négligent le commerce des éicus pour s’adonner àla culture du sol. O 11 les rencontre surtout aux environs de la ville de