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Livre III. L'Europe Centrale.
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RIVIÈRES ET POPULATIONS DE LA BOHÊME ET DE LA MORAVIE .

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ccs tourbes comme combustible, mais ils travaillent, avec une imprudenteactivité, à les transformer en prairies et en terres arables. C’est une tàebediliîcile, car le climat de la Bohème est assez luimidc, les vents d’ouest avantà traverser de vastes plaines avant de se heurter aux _ s du Bôhmér-vvald et du Riesengebirge *. Quant aux étangs et aux lacs, on les utilisecomme viviers à poissons et les paysans de ces régions ont appris à de-venir de fort habiles pisciculteurs. Pour l’amélioration du climat local, ilserait fort à désirer qu’on interrompit le travail d’assèchement de ceseaux et des tourbières environnantes, car la région des filze est une sorted’immense éponge naturelle qui absorbe l’humidité et régularise le débitde l’eau courante. Des ruisseaux qui n’avaient jamais débordé, ont dévastéles campagnes riveraines depuis qu’on a drainé les marais*.

En aval de Prague , où la Yltava a déjà reçu tous ses affluents supérieurs,elle s’unit à l’Elbe , puis au-dessous du rocher qui porte les ruines deSchreekenslein, elle reçoit l’Eger , et le lleuve grossi commence à traverserces remparts de montagnes qui fermaient autrefois le nord de la Bohème.Des sites grandioses succèdent aux paysages riants qui se trouvent en amont.D’abord les cônes de basalte et de phonolilhe du Mittelgebirge se dressentdes deux côtés de l’Elbe , puis viennent des montagnes de grès aux parois àpic, aux fentes verticales : on dirait d’énormes cubes de pierre posés en dés-ordre sur le sol. L’Elbe tortueuse passe entre ces masses grisâtres, rejetéede l’une à l’autre, et bordée de villes gracieuses s’allongeant sur le rivageétroit. D’anciennes forteresses gardent cette porte de l’Elbe , indiquant biende véritables frontières, où les conventions politiques sont d’accord avec lagéographie. En cet endroit, l’Elbe sort de son enceinte des montagnes bo-hèmes pour entrer dans la plaine allemande. De chaque côté du seuil, lesmouvements des peuples ont été différents, l’histoire a pris un autre cours.

Il y a deux mille ans, les Boïens et d’autres populations classées engénéral sous le nom de celtiques, pour les distinguer des Germains, habi-taient les contrées devenues aujourd’hui la Bohème et la Moravie : un grandnombre de lieux portent encore des noms qui témoignent du séjour de cesanciens habitants 5 . A l’endroit où s’élève de nos jours la ville d’Olmütz , en

1 Hauteur d’eau de pluie à Bodenbach, à la Porte de l’Elbe.O m ,GO

» » à Traulenau, près des sources. 1",05

» n a Prague.0“,40

» à Budêjovico (Budweis), sur la haute Vltava . . 0”,02

2 Millheilungen der Geographischen Geselhchaft in Wien.

” V. Goehlcrt, Boio-keltisclie Ortsnamen in Bôhmen Mitt. Geogr. Gesell. in Wien , 1870.in. 54