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La partie centrale de Prague , qui est l’ancienne ville, est toujours lequartier le plus intéressant, aussi Lien par ses monuments que par les sou-venirs qui s’y rattachent. Là est l’hôLoi de ville, llanqué de son énorme tourd’horloge, devant laquelle furent décapités, après la bataille de la Mon-tagne-Blanche, les principaux chefs du parti protestant en Bohème; là aussiest la vieille église dite Teynkirche, avec ses tourelles latérales entées bizar-rement sur les clochers ; non loin est l’université, à la fois allemande ettchèque par les deux langues dans lesquelles on y professe : c’est la plus fré-quentée de l’Austro-IIongrie après celle de Vienne , une de celles qui possè-dent le plus de livres précieux pour l’histoire et. la littérature slaves 1 . Dansle voisinage est le pont de Prague le jdus fréquenté, la Karlsbrücke , dominéà l’entrée par une ancienne lourde défense que les vainqueurs de la Mon-tagne-Blanche avaient jadis décorée de tètes et de mains abattues. La cathé-drale inachevée, qui fut avant l’incendie de 1541 le plus haut édifice dumonde, s’élève au centre du llradschin, dont elle est le monument le plusremarquable : on y voit de belles ogives à demi brisées par les boulets deFrédéric 11, et, dans la chapelle de Saint-Wenceslas , des sculptures et desmosaïques d’un curieux travail. Quant aux énormes constructions sansbeauté qui occupent tout le pourtour du plateau de llradschin, on y visitesurtout l’endroit où, en 1(318, eut lieu la « défénestration de Prague », cetévénement qui fut le point de départ de la guerre la plus atroce des tempsmodernes : les amas de fumier sur lesquels tombèrent les gouverneurs im-périaux ont été remplacés par des pelouses et des massifs de Heurs. D’autresjardins plus vastes entourent le llradschin au nord et à l’orient, et là setrouve le Belvédère, élégante villa d’où l’on a la plus belle vue sur Prague et le méandre de la Yltava et d’où l’on voit aussi, vers l’ouest, le profil de laBila-IIora (Montagne-Blanche), où succomba la puissance de la Bohème aucommencement de la guerre de Trente Ans. La plupart des hauteurs voisines,qui pourraient servir à l’établissement de magniliques promenades, sont cou-vertes de fortifications dont les embrasures sont tournées vers la ville. Prague ne peut donc s’agrandir à l’ouest par son quartier muré du llradschin, mais ellese développe librement à l’est, le long delà Yltava, par son quartier industrielde Karlin ou Karolinenthal, au sud-ouest par celui de Smichov , égalementriche en usines, de même qu’à l’est, sur les hauteurs où s’élèvent les quar-tiers de Zizkov et de la Nouvelle-Prague. L’intérieur de la ville se transformelentement par le percement de nouvelles rues, la construction des quais etde quelques édifices somptueux, tels que le Théâtre National ; mais plu-
’ Université de Prague en 1875 : IGG professeurs, 1,947 étudiants, 145,000 volumes