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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

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SITUATION GKN'KKALE DK K A U S T II O-H ON fi H I K.

L’équilibre politique de la double monarchie danubienne est tout à laitinstable. Quoique la disposition géographique de la contrée lasse de Vienne et de Pesl des centres naturels de gravitation, cependant l'incohérencedes populations juxtaposées n’a cessé de faire osciller la ligne des frontières.Depuis qu’elles se sont constituées en Etats, l’Autriche et la Hongrie ontconstamment flotté entre des limites indécises, s’accroissant et s’amoindris-sant tour à tour, suivant les vicissitudes des guerres, des intrigues, des ma-riages et des héritages dynastiques. 11 fut un temps où, par son alliance in-time avec l’Espagne de Philippe 11, l’empire d’Autriche était devenu la puis-sance prépondérante du monde, et son ambition se résumait alors dans les cinqvoyelles que l’on voit encore gravées çà et là sur les édifices : A. E. 1. 0. U ‘.A d’autres époques, l’Autriche s’est trouvée tellement abaissée, que des con-quérants auraient pu, s’ils l’avaient seulement désiré, l’effacer de la carte, ily a cinquante ans, elle exerçait l’hégémonie en Allemagne , présidait la diètede Francfort, donnait des ordres à l’Italie , soit directement dans ses richesprovinces de Lombardo-Yénélie, soit par l’entremise de ses féaux le grand-duc de Toscane, les ducs de Panne et de Modène, le roi des Deux-Siciles ;maintenant l’Autriche est expulsée de la confédération d’Allemagne , tandisqu’en Italie elle possède seulement le versant méridional des Alpes tirolienues,la vallée de l’isonzo et le littoral de Trieste et de l’istrie. Depuis le coup detonnerre de Sadowa, elle a dû abdiquer son rôle de puissance dirigeantedans l’Europe centrale , et désormais tout espoir de s'agrandir du côté del’occident lui est interdit : il ne lui est permis que de se retourner versl’orient; mais là que d’obstacles encore! C’est par l’amélioration de sonpropre territoire et non par la complète de pays étrangers que la nation doitchercher des compensations à ses pertes.

On pourrait croire que, refoulée ainsi sur elle-même, l’Austro-lIongrie agagné en cohésion. C’est plutôt l’effet contraire qui s’est produit. La partieallemande de l'Autriche, exclue de l’Allemagne officielle par la force, n’as-pire qu’à y rentrer; elle s’y rattache moralement, malgré toutes les petitesrivalités de villes et de provinces. On ne saurait en douter : si les liens de

Austriœ est imperare orbi universo.