SITUATION POLITIQUE DE U’AUSTIIO-IIONGIUE.
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force qui retiennent les populations en Etals politiques distincts venaient àse rompre tout à coup, les Germains du sud ne se grouperaient certainementpas avec les autres Autrichiens de race slave, roumaine ou magyare ; mais,fùl-ce au prix de quelques humiliations, ils s'associeraient à hoirs frères delangue, les Allemands de l'ouest et du nord. Toulon se disant fort supérieureà lierlin et en la primant en réalité par la beauté du site, la grandeur durôle historique dans le passé, et même encore par les avantages de la posi-tion commerciale, Vienne est allemande avant tout, et dût sa jeune et puis-sante rivale lui imposer quelques conditions léonines, elle accepterait vo-lontiers d'être la deuxième capitale de l’empire allemand . D’autre part, lesdiverses populations non germaniques de l’Autriche ont pu tirer parti del'affaiblissement politique du gouvernement central pour revendiquer leursdroits à l’autonomie, et la constitution de « l’Italie une », le groupement detant d’Etats allemands en un même corps national, ont excité le désir d’in-dépendance chez les peuples parqués de force dans le cercle des frontièresde l'empire autrichien.
11 a donc fallu que Vienne entrât dans la voie des concessions et qu’elleautorisât par ces concessions mêmes de plus hautes ambitions parmi lessujets. A la place d’un patriotisme autrichien, qui n’existe guère que dansles documents ofliciels, et qui chez les soldats et les employés est remplacépar l’esprit de caste, se développe partout un patriotisme de race dont lesconséquences naturelles seraient de grouper les habitants de l’Austro-IIon-grie et de la péninsule thraco-hellénique en de nouvelles agrégations poli-tiques. Sans la puissance de continuité que possèdent, les institutions, etsans la force que donnent au gouvernement le cadre administratif et la dis-cipline de l’armée, la monarchie austro-hongroise se disloquerait infailli-blement. Chaque mouvement européen un peu violent imprime au vieuxmécanisme les secousses les plus périlleuses et ce n’est pas sans peine qu'onparvient à le remettre en marche. L’aigle à deux tètes de l’empire autrichienest devenu un symbole parlant : on dirait que les deux moitiés de l’animalcherchent à se séparer.
Les cruels embarras de l’Austro-IIougrie se sont manifestés tout récem-ment et se manifestent encore à l’occasion des guerres qui déchirent laTurquie . D’après les vieux errements politiques, il eût semblé tout naturelqu’une armée autrichienne s’avançât dans l’intérieur de la Bosnie et qu’elletentât de rectifier, au prolit du gouvernement de Vienne , la bizarre frontièredu pays dalmate. L’Autriche était de toutes parts invitée à faire cet acte deforce, qui d’avance semblait justifié par le succès. Grâce à la possession desports de mer et du cours de la Save, les troupes autrichiennes auraient pu