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chrétienne contre les mahometans, eux qui tant de lois eu firent carnagesur les champs de bataille, les voilà qui découvrent tout à coup leur parentéprimilive avec les Osmanlis et qui les Irailent de frères! 11 n’esl rien detel que le suprême danger pour dessiller les yeux. Les Hongrois ont apprisque le sort des Jures peut être le leur propre. Comme leurs parents desouche ouralo-altaïque, ils son! qualifiés d'étrangers de passage et menacéscomme eux, sinon d'être rejetés dans leur continent d’origine, du moins deperdre tout rôle politique dans leur continent d’adoption. Que Constantinople tombe entre les mains des Russes , ou devienne la capitale d'un empire dela Sla vie méridionale, et par contre-coup Pest se trouve, pour ainsi dire,comme suspendue dans Je vide; les Hongrois sont, comme peuple, à la mercide leurs voisins. L’équilibre est plus instable que partout ailleurs dans cettepartie du continent et ne peut manquer de changer bientôt, soit par degrés,soit brusquement.
lue si grande part d'inconnu se mêle encore aux problèmes de l'histoire,qu il serait plus qu’imprudent de hasarder une prédiction relativement à ladestinée prochaine de l'Autriche . Un a souvent cité la parole (pie prononça1 historien Palaéby en 1818 : « Si l’Autriche n’existait pas, il faudrait l’in-venter dans l’intérêt de l’Lurope! » Ceux qui redoutent les luttes, accom-pagnement. nécessaire de toute transition d’un état politique à un autre,peuvent répéter cette formule, que son auteur même paraît avoir oubliéeplus tard; mais la crise n’en est pas moins inévitable, amenant avec elleun changement dans l’équilibre des nations de l’Europe orientale . Arrivées,bien avant l'existence de l'Autriche , à la conscience historique de leur exis-tence comme nations distinctes, les diverses populations de l’empire main-tiendront certainement leurs prétentions réciproques, et si Vienne et Pest neleur donnent pas satisfaction, c’est ailleurs qu’elles prendront leur pointd’appui. Tandis que la force de cohésion de l’empire diminue d’année enannée, la force d’attraction exercée par les nations voisines augmente à me-sure : si l’Austro-llongrie, rompant avec toutes ses traditions, n’accorde pasdroit égal, égale part à toutes les races des Carpates, du Danube et de laSave, n’est-il pas à craindre que la dislocation ne s'accomplisse en violationde la justice elle-même? En entrant dans la grande Germanie, les Allemandsautrichiens ne seront-ils pas tentés d’apporter avec eux, comme don dejoyeux avènement, les clefs de la liohême, la forteresse et le centre straté-gique de l’Lurope continentale? Et les ^ ougo-Slaves, si jamais ils doivent serattacher politiquement à la « Sainte Russie », sauront-ils faire un détourrespectueux autour des Roumains et des Magyars, dont les droits à l’indé-pendance ne sont pas moins sacrés que les leurs?