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Livre III. L'Europe Centrale.
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VOSGES .

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tout temps, fut la grande porte de communication militaire et commer-ciale entre la France du nord et la plaine d’Alsace . Au nord du col même,passe la route de voitures qui succéda aux anciennes voies des Gaulois etdes Romains, tandis que plus à l’ouest le canal de la Marne au Rhinet le chemin de 1er de Paris à Strasbourg , qui continuent de remonterla vallée de la Zorn, vont percer les roches et croiser leurs tunnelspour unir les deux versants. Au nord de ce col, qui correspond à latrouée de Relfort, ouverte au sud des Aosges, les massifs de collines quel’on pourrait appeler les Petites Vosges et qui se continuent dans le Pala-tinat sous le nom de Ilardt, n’ont qu’une hauteur moyenne de 400 mè-tres, mais leurs forêts et leurs vallées tortueuses, entremêlées en lahv-rintlie, en font un sérieux obstacle; jadis, le. manque de villages, larareté des populations, le grand nombre de petits seigneurs pillards donton voit les châteaux ruinés sur toutes les cimes, avaient empêché qu’on ytraçâL des chemins, ou plutôt qu’on y réparât les nombreuses voies ouvertes,il y a dix-huit siècles, par les légats propréteurs de Rome : seulement lavallée de la Fauter, qui servait de frontière entre la France et l'Allemagne ,formait une voie stratégique secondaire dans la direction du Rhin . A l’ouest,les vallées de la Lorraine s’ouvrent du sud au nord, et par conséquent c’estdans le sens du méridien que s’y faisaient les migrations et les expéditionsde guerre.

Lus Vosges sont justement célèbres dans toute l’Europe par la beautégrandiose de leurs futaies; c’est avec émotion que l’on parcourt les sombresavenues des sapins du lïohwald et du Grand Donon . Partout, il est vrai,les forestiers ont soigneusement aménagé les bois; chaque arbre a sa valeurcotée et le jour de sa chute est marqué par le bûcheron ; ce n’est pointau milieu d'une nature vierge que pénètre le voyageur, mais les fûts sontsi hauts et si droits, leur branchage se balance avec tant de majesté, dansles ramures froissées résonne une voix si puissante, que l’on est en entiersous le charme de la forêt : on la croirait vivante. Les plantations d’épicéassont presque aussi belles que les futaies de sapins. Le pin, introduitcomme l’épicéa par la main de l’homme dans les forêts des Vosges , estplus rare, excepté sur les pentes roides exposées au soleil du midi, mais ilatteint aussi en Alsace une taille extraordinaire. Quant au mélèze, les beauxmassifs en sont très-clair-semés dans les A osges. Au nord du col de Saverne et dans la Lorraine s’étendent également de fort belles forêts de hêtres,d’épicéas et de pins : on admire surtout les futaies de Ritclie et celles deChâteau-Salins, où le gouvernement français s’approvisionnait de bois deconstruction pour la marine ; mais, en moyenne, les forêts de la Lorraine