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Livre III. L'Europe Centrale.
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FORÊTS DE L'ALSACE .

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5 millions de mèlres cubes. Dans la vallée de Massevaux , d’autres lacs ontété également transformés en réservoirs d’alimentation réglés pour le ser-vice des usines d’Oberbruck, et cet exemple est suivi dans beaucoupd’autres parties de l’Alsace . D’ailleurs l’aménagement des rivières aumoyen des réservoirs étagés était pratiqué dans la-contrée avant les guerresdu seizième siècle, et, grâce à ces barrages, l’ill était alors navigable partouten aval d'Altkirch ‘. De même, quelques-uns des lacs et des étangs si nom-breux qui parsèment les liantes terres de la Lorraine, à l’ouest des Vosges ,ont été réglés depuis le moyen âge pour le service des moulins : beaucoupd’étangs sont d’origine artificielle, mais un bien plus grand nombre ont étéasséchés et transformés en terrains de culture ; d’autres existent encoresous forme de marécages et rendent les communications difficiles. Ainsiles fonds vaseux de la Seille à Marsal ont dû être consolidés au moyen d’un« briquetage » d’argile de 2 mètres d’épaisseur s’étendant sur un espace deplus de 57 hectares : on en attribue la construction aux Romains, qui peut-être y avaient assis leur camp.

L’Alsace n’a qu’une seule rivière importante lui appartenant en entier,celle qui a donné son nom à la contrée (Ulsass ou Ellsass, pays de l’ill) * :son bassin occupe un espace de 4,584 kilomètres carrés. Elle prend sasource sur le versant occidental du Jura bâlois, puis, au delà d’Altkirch ,coule vers le nord-est. Il semblerait naturel qu’immédiatement à sa sortiede la région des collines du Sundgau, à l’entrée de la plaine de Mul-house, elle descendit au Rhin par la voie la plus courte et sans semêler aux torrents des Vosges ; mais la rivière suit une direction pres-que parallèle au Rhin jusqu’à Schlestadt et ne s’en rapproche que len-tement, pour s'unir au grand fleuve en aval de Strasbourg , après s’êtregrossie de toutes les eaux du versant oriental des hautes Vosges . C’est que1111 de la plaine, est pour ainsi dire une création du Rhin : le puissantcours d’eau lui a tracé son lit dans les campagnes de l’Alsace . Lorsque leseaux de l’ancienne mer se furent écoulées et que le Rhin , beaucoup pluspuissant que de nos jours, commença de se frayer un chemin dans les galets,il se mit aussitôt à l’œuvre pour entraîner vers l’aval les presqu’îles de dé-bris qui le séparaient de ses affluents. Chacune de ses inondations avaitpour effet de prolonger et d’élargir les cordons riverains de cailloux et desables. C’est ainsi que le bec de l’Ill a été repoussé de plus en plus vers lenord, de même que ceux des autres rivières coulant sur le fond de l’ancien

1 Ch. Grad, Éludes sur les cours d'eau de l'Alsace , leurs débordements et leur régulari-sation.

1 L’étymologie de « Pays des Alamannes », proposée à l’est du Rhin , est plus qu'improbable.