Band 
Livre III. L'Europe Centrale.
Seite
519
JPEG-Download
 

CLIMAT, POPULATION DE L’ALSACE .

519

ferme plusieurs sommets de montagnes qui n’ont pas moins de K) kilo-mètres de développement, et dont la forme générale rappelle vaguementcelle d’une chauve-souris aux ailes élendues. Cependant ce n’est pas sanspeine que les archéologues reconstruisent par la pensée cet antique rem-part; en maints endroits les pierres éboulées de la muraille se confondentavec les rochers épars; ailleurs les broussailles et les terres entraînéesont recouvert les talus; ailleurs encore de grands écroulements et l’actiondes eaux ont complètement détruit l’enceinte ; presque partout les racinesdes hêtres ou des sapins se sont enlacées en serpents autour des blocs des-cellés. 11 est probable que cette ancienne forteresse, unique en son genre,fut maintes fois agrandie et restaurée, car les remparts présentent les genresd’architecture les plus divers, de la simple superposition de larges dalles àune maçonnerie presque régulière. Les anciens Gaulois furent peut-être sespremiers bâtisseurs, mais les Romains l’utilisèrent, ainsi que le prouventles chaussées construites par eux et conduisant an Mur des Païens, et lesnombreuses monnaies impériales du troisième siècle qu’on y a trouvées.Près d’un angle du vieux rempart, un dolmen, plus antique encore, secache à demi sous les branches de sapins gigantesques. Sur un autrepromontoire, entouré de précipices, s’élève l’ancien couvent de sainte Odile,bâti sur l’emplacement d’un château fort; c’est en même temps un lieu depèlerinage et un centre de promenades pour les Alsaciens de la plaine.

Quels qu’aient été les « païens » constructeurs des hautes enceintes desVosges il est certain qu’avant l’époque romaine des tribus gauloises et ger-maniques se partageaient l’Alsace ; il est également certain que de nosjours encore la population, plus ou moins mélangée suivant les districts, secompose de ces deux éléments ethniques différents, car on y remarque lecontraste évident que présentent les bruns et les blonds, les hommes à tètecourte et large et ceux dont la tète est plus étroite et plus longue. Mais, dansl’ensemble, les Alsaciens de la plaine et en partie ceux des vallées orientalesdes Vosges sont complètement germanisés : le type des Alamannes dominechez eux comme en Suisse , et c’est par des affinités ethniques non moinsque par la communauté des intérêts que tant de villes de la llaute-Alsace seliguèrent jadis avec les cantons suisses . Les habitants de la plaine occidentaledu Rhin ressemblent aussi aux Badois, mais ils sont plus remuants, plusactifs, et l’histoire les montre plus fréquemment engagés dans les révolu-tions et les batailles. C’est la ligne de partage formée à l’est de Belfort entreles bassins du Rhône et du Rhin, et plus au nord l’arête des Vosges , quiservent en général de limite entre les populations de nationalités différentes.Cependant la vallée de la Largue et celles d’autres petits cours d’eau qui se