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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

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étendue : il n’y a point de jachères; la plupart des landes, les terres jadisinondées qui bordent l’Ill et le Rhin , ont été conquises par le paysan. Lescéréales cultivées sont les espèces « nobles », Forge et le froment ; partouton voit dans les campagnes, alternant avec les prairies, les nappes jaunesdu colza, qu’on dirait à leur éclat toujours éclairées du soleil, les champsde pavots rouges, le lin aux Heurs d’un bleu délicat, le chanvre au feuil-lage d’un vert sombre ondulant bien au-dessus de celui des autres piaules,le tabac, avec ses larges feuilles et ses fleurs roses, le houblon s’enroulantautour des longues perches. Les maisons de paysans, isolées pour la plupart,entourées d’arbres fruitiers et de jardins, ont un aspect de confort, lesgranges sont pleines. Les caves renferment du vin et d’excellente eau decerise (kirschivasser). Quoique la propriété soit très-divisée 1 , et que l’usure,représentée d’ordinaire par des prêteurs juifs, dévore les emprunteurs, l’ai-sance est générale dans un grand nombre de districts. L’Alsace est une desrégions qui disputent à la basse Écosse, à l’Angleterre orientale, à la Nor-mandie, aux Flandres, à la Saxe, à la Lombardie , l’honneur d’être cul-tivées avec le plus d’intelligence. On peut évaluer, d’après M. Grad, à 8 ou10 pour 100 le bénéfice moyen des capitaux engagés dans l’exploitation desplantes industrielles, des houblonnières et des vignobles. La principale ré-gion de la vigne, la plus riche de l’Alsace , celle où les habitants se pressenten plus grand nombre, s’étend sur les contre-forts des Vosges , entre Tliannet Mutzig . C’est là que les vins ont le plus de force et le meilleur goût :quelques crus, fort appréciés dans le pays et en Allemagne , ont même unevéritable célébrité; l’Alsace-Lorraine fournit plus du quart de la ven-dange allemande. Plus haut viennent les forêts, qui sont, on le sait, parmiles mieux aménagées du monde : le rendement annuel s’en élève même audouble de celui qu’on obtient en Prusse 2 . Quant aux pâturages, ils sontinsuffisants pour le bétail, dont une grande partie est nourrie dans les éta-bles de la plaine. La race indigène, employée aux charrois sur les coteauxet dans la montagne, n’est pas comparable aux animaux de la Suisse et dela Franche-Comté ; mais on la remplace peu à peu par du bétail de cesprovenances. Le lait des vaches de la montagne est employé à faire des fro-

1 Étendue moyenne de la propriété en Alsace , 1870 : 5 hectares 20 ares.

(Lefébure et Tisserand, Étude sur l'économie rurale de l'Alsace .)

Produit des forêts domaniales (145,903 liect ) de l’Alsace en 1874 : 8,005,452 fr.

Alsace-Lorraine.

Prusse.

France .

Produit brut.

. . 54 fr

24 fr 50

55 fr.

77

Dépenses . .

. . 27 70

14 45

9

77

Revenu net . .

... 20 50

9 85

26

(Ch Grad, Les forêts de l'Alsace et leur exploitation.)