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Livre III. L'Europe Centrale.
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POPULATION DE L’ALSACE-LORRAINE

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Lti ville de Metz n’a-t-elle pas les mêmes droits à conserver sa langue? Unecirculaire officielle de 1876 déclare punissables les parents et les tuteursqui font élever leurs enfants et pupilles hors de l’Alsace et édicte contreeux l’amende et la prison. Quant aux enfants, même français , élevés àl’étranger, la permission de rentrer dans le pays ne peut leur être accordéequ’à titre « gracieux et exceptionnel 1 * 3 ».

La population de l’Alsaee-Lorraine est une forte race : la plupart deshommes y sont d’une taille supérieure à la moyenne* et le nombre desinfirmes y est moindre qu’en France : c’est là ce que prouvent les registresde la conscription. Aussi Alsaciens et Lorrains sont-ils fort appréciés dansles armées, non-seulement, il est vrai, à cause de leur solidité physique,mais aussi à cause de leur courage et de la facilite qu’ils ont à se plierà la discipline. En France , ils étaient toujours sous les drapeaux en plusgrand nombre proportionnel que les hommes des autres provinces. Us ontdonné aux armées de la République et du premier Empire quelques-uns deleurs généraux les plus célèbres, et leurs vieux soldats se voient partoutcomme douaniers ou gendarmes. Mais les habitants de l’Alsace-Lorraine sedistinguent également dans les arts de la paix : ce sont les intermédiairesnaturels du commerce, de l’industrie et des sciences entre la France etl’Allemagne. Metz et Strasbourg , surtout cette dernière, ont été de touttemps de grands lieux de passage, plus utiles encore pour l'échange desidées que pour celui des marchandises. L’Alsace se prête d’autant mieux àce rôle d’interprète entre les deux nations, qu’une très-forte proportion deshabitants, et dans les villes la grande majorité, connaissent et parlent lesdeux langues. Le niveau moyen de l’instruction y est relativement fortélevé \

Les Alsaciens-Lorrains ont à travailler beaucoup pour se nourrir, car lapopulation est fort dense, surtout dans les plaines et dans la région desvignobles. Les campagnes basses sont cultivées dans presque toute leur

1 Nombre des habitants de langue française originaires en Alsace-Lorraine , sans compter les ou-vriers des villes (1874), d’après II. Kiepert :

Haute-Alsace, 31,500, Basse-Alsace, 26,500; Lorraine , 192,000; total : 250,000.

(Spracligrenze in Elsass Lothriiigen, Zeitschr. des Ges . fiir Erdkunde , 1874, IX, 4" Heft.)

Le même auteur évaluait dans h Zeitschrift fiir Erdkunde (n° 37, 1872) le nombre des habitantsfrançais d’Alsace-Lorraine à 510,000 ou 512,000.

Nombre probable des Alsaciens-Lorrains parlant habituellement le français : 550,000.

(H. Gaidoz, Notes manusaites.)

â Taille moyenne des Alsaciens de 20 ans : Haut-Rhin, 1,658 milliin.; Bas-Rhin, 1,604 millim.

Exemptions pour défaut de taille ou infirmités en Alsace , de 1860 à 1870 ; 27 pour 100 (57 pour100 dans le reste de la France ).

3 Recrues de l’Alsace-Lorraine sachant lire et écrire en 1875, d’après liasse : 96,55 pour 100.

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